Pierre le Cultivateur : le potager comme école de patience et de liberté
Pierre le Cultivateur, jardinier passionné aux millions de vue sur les réseaux sociaux, est venu au MoHo le 18 septembre pour partager son parcours et ses expériences dans son potager.
De l’écran à la terre
Originaire de Lille et informaticien de formation, Pierre découvre le jardinage à l’annonce de la grossesse de sa femme il y a 12 ans : « J’ai eu envie de nourrir mon enfant avec de vrais légumes, des aliments qui ont du goût. » Son premier potager, un carré de 200 m² dans son jardin lillois, devient rapidement un terrain d’expérimentation, puis une véritable école de patience, d’humilité et de créativité.
Un parcours guidé par l’envie de partager
Pierre se forme en autodidacte, entre vidéos YouTube et lectures sur la permaculture. Son jardin devient rapidement atypique : un potager en mandala, pensé comme un lieu de bien-être autant que de culture. Il expérimente, se trompe, recommence. « On ne nait pas avec la main verte, ça s’apprend. ».
Le confinement accélère son aventure : sur TikTok, il partage ses gestes précis et ses récoltes dans des formats courts et pédagogiques. Le succès est fulgurant. Sa vidéo sur la germination d’une pomme de terre atteint 3 millions de vues et lui vaut 100 000 nouveaux abonnés en quelques jours. Aujourd’hui suivi par des centaines de milliers de passionnés, il continue de montrer ses réussites comme ses échecs, dans une démarche simple et authentique.
Transmettre aux jeunes
S’il reconnaît être désormais identifié et suivi, Pierre garde une distance avec l’étiquette d’« influenceur ». Son objectif n’est pas de faire le buzz mais de transmettre. « Je reste Pierre, quelqu’un de simple. Je veux juste que les jeunes osent essayer, qu’ils se lancent. »
Une philosophie du potager
Son jardin, aujourd’hui de 4 000 m² en Normandie à côté de Bayeux, est une véritable forêt comestible. Plus qu’un lieu de culture, c’est un espace de jeu pour ses enfants, un laboratoire d’expérimentation, et une source d’autonomie alimentaire (il estime que sa famille est autonome en légumes de mars à novembre). Il privilégie les variétés anciennes, bio, et refuse les hybrides pour pouvoir récolter ses propres semences. Le tout dans une logique de respect du Vivant et de plaisir : « Le potager doit être accessible et à mon image. »
Conseils pratiques pour se lancer
Pierre montre que le potager est accessible à tous, et donne quelques recommandations :
Commencer petit : mieux vaut un carré productif qu’un grand jardin décourageant.
Choisir l’endroit idéal : une bonne exposition, proche d’un point d’eau, et surtout un lieu où l’on se sent bien.
Accepter les erreurs : la météo, les nuisibles, ou simplement un mauvais choix font partie de l’apprentissage. « Je me trompe encore tous les jours ! »
Prendre des notes : noter ce qui marche et ce qui marche moins permet de progresser d’année en année.
Tester et s’amuser : sur balcon comme au jardin, tomates, poivrons, patates douces ou aromatiques s’adaptent très bien en pots.
Un message simple et inspirant
Derrière la popularité et le nombre considérable de vues et d’abonnés sur les réseaux sociaux, Pierre le Cultivateur reste fidèle à l’esprit qui l’anime depuis le début : prendre soin de sa famille, expérimenter avec passion, et rappeler que chacun peut, à son échelle, retrouver le goût et le lien avec la nature.
La conférence s’est terminée avec un cocktail convivial, l’occasion d’échanger directement avec Pierre le Cultivateur et de réseauter entre membres du MoHo Impact Club, partenaires et résidents MoHo.
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Du 16 au 22 septembre 2025 a lieu la semaine européenne de la mobilité durable. Chaque année, cet événement invite citoyens et collectivités à tester des modes de transport plus durables (marche, vélo, transports en commun, covoiturage) et à repenser leurs habitudes quotidiennes. Au-delà d’un rendez-vous symbolique, il s’agit d’encourager une mobilité sobre qui gagne à s’inscrire toute l’année dans notre quotidien pour réduire nos émissions, améliorer la qualité de vie et réinventer nos façons de nous déplacer.
En France, le transport représente environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre (Ministère de la Transition écologique, 2024), repenser nos déplacements est donc un levier essentiel de sobriété écologique.
Se déplacer moins, mais mieux
Nos déplacements structurent nos vies quotidiennes. Ils déterminent où nous travaillons, où nous habitons, nos loisirs, nos relations sociales. Mais la mobilité telle qu’elle s’est développée pendant les dernières décennies, centrée sur la voiture individuelle et l’avion, est l’un des principaux moteurs de la crise climatique en raison des émissions de gaz à effet de serre.
Le transport aérien représente 2,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre mais ses effets hors CO₂ doublent son impact réel : il contribue à environ 5 % du réchauffement climatique (Bon Pote, juillet 2025).
Face à cette réalité, la sobriété dans la mobilité ne veut pas dire arrêter de bouger. Elle consiste à se déplacer autrement : moins souvent, moins loin, moins vite… mais de manière plus efficiente, plus responsable et plus partagée.
La mobilité active : redonner place à la proximité et à la santé
Dans les villes, la marche et le vélo reprennent une place centrale. Un rapport de l’Ademe (2023) estime que 60 % des trajets urbains en voiture pourraient être remplacés par des trajets à vélo ou à pied. En 2023, le gouvernement français a notamment annoncé un Plan vélo et marche doté de 2 milliards d’euros, visant à tripler les déplacements à vélo d’ici 2030.
Le vélo-cargo est en plein essor, surtout dans les villes : les familles transportent enfants et courses, les professionnels transportent du matériel, les commerces livrent les clients.
D’après CycloLogistics Europe et l’Union Sport & Cycle, près de 33 000 vélos cargos toutes catégories confondues ont été vendus en France en 2024, contre seulement 14 000 en 2021, illustrant une croissance spectaculaire du marché.
Cette mobilité active n’est pas qu’écologique : elle est aussi source de santé publique. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) rappelle qu’une activité physique quotidienne réduit drastiquement les risques de maladies chroniques.
Transports collectifs : la sobriété par la mutualisation
Train, tramway, bus… autant de solutions collectives qui permettent de réduire l’empreinte carbone de nos déplacements. En France, la relance du ferroviaire est une tendance forte depuis 2021, avec le retour des trains de nuit (comme Paris-Nice, Paris-Berlin ou encore Paris-Vienne). L’Union européenne soutient cette dynamique avec l’initiative RTE-T (Réseau Transeuropéen de Transport) pour recréer un réseau ferroviaire européen interconnecté.
En 2024, la fréquentation des trains de voyageurs en France a progressé de 6 %, portée surtout par les TER et Intercités (+11 %) et une hausse (plus modérée) des TGV (+4 %).
À l’échelle locale, les bus à haut niveau de service (comme à Metz, Nantes, Rouen) montrent qu’il est possible de repenser la mobilité urbaine autour de lignes performantes, fréquentes, moins polluantes (hybrides, électriques ou hydrogène).
Le transport collectif est un exemple parfait de sobriété collective avec moins d’espace consommé, moins de bruit, moins de stress et plus de convivialité.
La voiture autrement : partage et usage raisonné
À elle seule, la voiture individuelle génère plus de 15 % des émissions de gaz à effet de serre en France (Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, 2022).
La voiture individuelle reste indispensable dans certains territoires ruraux et périurbains. Mais là aussi, il existe des leviers pour changer ses usages et réduire son empreinte carbone lié à l’utilisation de la voiture :
Covoiturage : Il existe un fort levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre des transports sur les trajets domicile-travail. Les trajets professionnels en voiture se font très majoritairement avec un seul conducteur sur de courtes distances (88 %). L’autosolisme reste également courant pour d’autres déplacements locaux non récréatifs, comme les courses (41 %) ou les démarches administratives et médicales (50 %) (SDES-Insee, Enquête mobilité des personnes 2018-2019).
Le covoiturage se fait pour 96% de manière informelle avec des proches (famille, collègues, amis) et pour 4% via des plateformes de covoiturage (Observatoire national du covoiturage, 2025).
Autopartage : Le parc de véhicules partagés croît chaque année en France : au 1er janvier 2025, 13 862 voitures en autopartage étaient disponibles sur le territoire, soit une hausse de 3,7 % par rapport à 2024 (Baromètre national de l’autopartage, 2025).
Électrification raisonnée : si la voiture électrique se développe, il est essentiel de rappeler qu’elle n’est pas une “solution miracle” : extractions minières, empreinte carbone de fabrication, dépendance aux infrastructures.
Le défi de repenser nos modes de déplacement est aussi social afin de rendre cette transition accessible aux ménages modestes. Les zones à faibles émissions (ZFE), mises en place dans les grandes métropoles, posent la question de l’accompagnement des habitants qui n’ont pas les moyens de changer de véhicule. Une sobriété écologique et responsable ne doit pas être punitive, mais inclusive.
Réduire les distances
Parmi tous les moyens de transport, l’avion se distingue par son impact environnemental extrêmement élevé, avec des émissions de CO₂ par passager bien supérieures à celles du train, du bus ou de la voiture partagée. Le trafic aérien mondial a déjà retrouvé et dépassé en 2024 son niveau d’avant la pandémie de Covid-19. Dans le même temps, le débat public s’intensifie autour de la limitation des vols courts lorsqu’une alternative en train existe. Le problème réside souvent dans le coût du transport pour les passagers, souvent bien moins élevé pour l’avion que pour le train. En France, la loi Climat et résilience (2021) a interdit certains vols domestiques, remplacés par des liaisons ferroviaires.
Mais la sobriété, c’est aussi se déplacer moins. Le télétravail, expérimenté massivement depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19 en 2020, en est un exemple : des millions de trajets domicile-travail ont été supprimés. Cependant, les bénéfices écologiques de cette pratique sont partiellement compensés par des effets rebonds : consommation d’électricité et de chauffage à la maison, trajets annexes au trajets domicile-travail quand même effectués (enfants, courses…).
En France en 2024, 22% des salariés du secteur privé pratiquent le télétravail au moins une fois par mois, contre 4% avant la crise sanitaire du Covid-19.
La question de la réduction des distances va plus loin : dans un monde sobre, il s’agit aussi de rapprocher les lieux de vie, de travail, de loisirs, afin de limiter les besoins de transport à la source. C’est la logique de la “ville du quart d’heure” défendue par l’urbaniste Carlos Moreno : une ville où tout est accessible à 15 minutes à pied ou à vélo.
Changer les imaginaires autour de la mobilité
Pour que la sobriété devienne désirable, il faut aussi transformer l’imaginaire collectif. Pendant un siècle, la publicité automobile a imposé l’idée que la voiture individuelle était synonyme de liberté. Aujourd’hui, il est essentiel d’explorer de nouveaux récits : liberté de se déplacer ensemble, de redécouvrir la proximité, de réinvestir le temps du trajet comme un espace social.
La géographe Cynthia Ghorra-Gobin souligne dans ses travaux que la mobilité n’est pas seulement une question d’infrastructures, mais aussi de justice spatiale : qui a accès à quels modes de transport, à quels coûts, et pour quelles libertés réelles (Le « triomphe » de la ville ou de la métropole ?, 2015).
MoHo agit concrètement sur la mobilité domicile-travail
MoHo a initié et coordonné la Coalition Mobilité Durable, qui a conduit à la création de Move2Work : une plateforme numérique gratuite destinée aux employeurs souhaitant réduire l’impact carbone des trajets domicile-travail de leurs salariés et améliorer leur qualité de vie et conditions de travail. Move2Work offre une méthodologie complète intégrant à la fois l’organisation du travail, l’accompagnement au changement, une bibliothèque de solutions et une base de bonnes pratiques. Fruit d’une recherche-action de 18 mois qui a fédéré entreprises, acteurs publics, chercheurs, étudiants et associations, cet outil permet de recenser plus de 100 solutions clés en main, de communiquer efficacement sur les changements d’habitudes, et de lancer des projets concrets dans les organisations.
Une démarche concrète de MoHo pour faire de la sobriété écologique dans les déplacements une dimension stratégique de l’entreprise.
Un avenir désirable
La mobilité sobre dessine un quotidien où :
on marche ou pédale pour les trajets courts, et on y gagne en santé et en convivialité,
on privilégie les transports collectifs, et on y gagne en efficacité et en équité,
on utilise la voiture quand c’est nécessaire, mais en partageant notre trajet dès que possible,
on abandonne les voyages en avion, et on découvre les richesses de territoires plus proches.
La sobriété appliquée aux déplacements ne veut pas dire “se priver de voyager”, mais réapprendre à se déplacer pour vivre mieux, respecter la planète, se libérer des dépendances à la voiture individuelle et du désir d’aller toujours plus vite, plus loin, au détriment de la planète.
Sobriété et modes de vie : comment repenser notre quotidien ?
Face à l’urgence climatique et à l’épuisement des ressources, la sobriété écologique s’impose de plus en plus comme une voie incontournable pour préserver nos ressources et limiter le dérèglement climatique. Loin de se réduire à un appel à la restriction, elle ouvre une réflexion profonde sur nos modes de vie : comment nous déplaçons-nous, comment habitons-nous, comment consommons-nous ? La sobriété n’est pas synonyme de renoncement, mais d’inventivité et de choix éclairés. Elle invite à distinguer l’essentiel du superflu, à réduire le gaspillage et la surconsommation, pour construire un quotidien plus soutenable, mais aussi plus riche de sens et de liens.
Cet article propose une réflexion globale sur la sobriété écologique dans nos vies quotidiennes, et sera suivi par une série d’articles qui creuseront les différents leviers de transformations : déplacement, habitat, consommation, loisirs…
Repenser notre manière d’habiter
Le bâtiment représente près de 40 % de la consommation d’énergie mondiale, ce qui rend la question du logement centrale dans la quête de sobriété. La sobriété dans l’habitat ne se limite pas à moins chauffer : elle consiste à réinventer notre façon d’habiter. Vivre avec moins de surface et de matériaux peut rimer avec plus de liberté et de confort. Il s’agit de questionner l’espace dont nous avons réellement besoin, la taille des logements, la pertinence des maisons individuelles et l’usage des espaces communs, pour réduire notre consommation tout en rendant nos logements plus agréables à vivre.
Dans ce contexte, on voit se développer ou se réinventer des habitats légers comme les tiny houses, les yourtes, les habitats modulaires… et des initiatives bioclimatiques et low-tech comme le Low-Tech Lab. Les nouvelles formes de coliving, qui partagent cuisines, buanderies ou espaces de travail, illustrent également une sobriété fondée sur la mise en commun plutôt que le retrait.
La yourte est un habitat léger et démontable associant simplicité de construction et confort thermique.
Consommer moins, consommer mieux
Réduire notre consommation ne signifie pas se priver, mais repenser nos besoins pour vivre mieux avec moins et donner plus de sens à nos choix quotidiens.
Alimentation : selon les scénarios d’atténuation du changement climatique du sixième rapport du GIEC, un régime moins carné et plus végétal est l’un des leviers les plus puissants pour réduire nos émissions. La tendance du local et de saison prend de l’ampleur : marchés de producteurs, AMAP, coopératives alimentaires. Cette sobriété alimentaire répond également à des enjeux de santé publique : une étude parue dans The Lancet Healthy Longevity (2025) montre qu’un régime végétal varié, peu transformé, réduit significativement le risque de maladies chroniques.
Privilégier une alimentation locale et de saison, c’est consommer moins de ressources pour produire, transporter et conserver les aliments.
Vêtements : La mode, et en particulier la fast fashion, est aujourd’hui l’une des industries les plus polluantes au monde, en raison de sa production massive, de l’usage intensif de ressources et de l’énorme quantité de déchets générés chaque année. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement souligne que l’industrie de la mode est le deuxième plus grand consommateur d’eau au monde, responsable de 10 % des émissions mondiales de CO₂, soit plus que tous les vols internationaux et le transport maritime réunis. Acheter moins, mieux et différemment, réparer, prolonger la durée de vie de ses vêtements, privilégier des marques responsables permet d’éviter une surconsommation de vêtements qui entretient le modèle de fast-fashion.
Objets et électroménager : des plateformes comme Back Market pour le reconditionné, ou des associations comme Repair Café permettent de prolonger la durée de vie des objets. La sobriété, c’est ici un retour à la logique du soin plutôt qu’à celle du jetable. Les journées nationales de la réparation ont maintenant lieu en France chaque année depuis 3 ans, et visent à promouvoir la réparation et la durabilité pour réduire la surconsommation et les déchets.
Se déplacer autrement : mobilité sobre et désirable
Selon les données du CITEPA, en 2023, les transports représentaient 34 % des émissions de gaz à effet de serre en France, faisant d’eux le premier secteur émetteur. Repenser nos déplacements est indispensable pour réduire notre impact environnemental, et plusieurs leviers permettent de rendre la mobilité plus sobre et durable :
Mobilités actives : les modes de déplacement dits “actifs”, comme la marche, le vélo ou encore le vélo à assistance électrique (VAE), sont moins polluants, plus économiques et bénéfiques pour la santé. On observe l’émergence de nombreuses solutions et infrastructures pour encourager les mobilités actives, comme les pistes cyclables sécurisées, les services de vélos électriques et vélos-cargos en libre-service, ou encore les parkings à vélo sécurisés dans les villes.
Le vélo cargo offre une alternative sobre à la voiture permettant de transporter des charges lourdes ou des enfants.
Transports collectifs : l’utilisation de transports en commun permet de réduire l’empreinte carbone par voyageur : bus, tramway, trains… Certains territoires investissent beaucoup dans le développement des offres de transports en commun (gratuité des transports collectifs, extension des réseaux de tramway, etc.). Malgré le développement des transports en commun, certains territoires restent à l’écart, notamment les zones rurales et périurbaines peu denses. Cela limite les possibilités de déplacements doux et maintient une forte dépendance à la voiture individuelle.
Autopartage et covoiturage : Selon le baromètre de l’autosolisme de Vinci Autoroute de septembre 2024, 84,6% des actifs qui utilisent la voiture pour se rendre au travail effectuent leur trajet domicile-travail seul. L’autopartage et le covoiturage offrent la liberté de se déplacer sans posséder de voiture individuelle, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et l’encombrement des routes. Le gouvernement français a lancé le plan national de covoiturage en 2022 avec l’objectif d’atteindre 3 millions de trajets par jour effectués en covoiturage à l’horizon 2027.
En parallèle du développement d’infrastructures de transports doux, la sobriété dans les transports invite surtout à réorganiser nos territoires pour rapprocher les lieux de vie, de travail et de loisirs.
Sortir d’un modèle consumériste
La sobriété ne touche pas seulement ce que l’on consomme, mais aussi la manière dont on occupe notre temps.
Qui ne rêve pas d’avoir un rapport au temps apaisé ? Pourtant, nous sommes souvent pris dans des routines effrénées : trajets, notifications, courses, rendez-vous… On enchaîne les tâches comme des machines, alimentant un modèle de surconsommation énergivore en ressources : transports individuels pour de courtes distances, emballages jetables, consommation d’énergie, achats impulsifs, loisirs standardisés. À force d’accélérer, notre quotidien se transforme en enchainement mécanique, une frénésie permanente qui nous éloigne de l’essentiel.
La sobriété, c’est apprendre à ralentir, à faire moins, à privilégier des activités simples qui nous reconnectent à l’essentiel, à soi et au Vivant. Elle permet de retrouver un rapport apaisé au temps, à la consommation, aux relations humaines et ouvre ainsi la voie à un monde plus désirable.
Repenser son quotidien pour ralentir ralentir, partager avec les autres et se rapprocher de la nature, tout en vivant de manière plus sobre et consciente.
Habiter plus léger, consommer de façon responsable, optimiser ses déplacements, retrouver un rapport plus riche au temps…
Repenser notre quotidien, c’est apprendre à faire autrement en cherchant l’équilibre entre nos besoins, le respect du vivant, de la planète et de nous-mêmes.
Sobriété et modes de vie : repenser nos usages pour un monde désirable
Chaque trimestre, MoHo explore une grande thématique en lien avec les transitions environnementales et sociétales à travers ses programmes, ses événements, ses contenus… Cette approche permet de creuser collectivement des enjeux de fond, de nourrir des réflexions transversales et de mettre en lumière des initiatives pour façonner un monde juste, durable et souhaitable.
Ce trimestre, nous explorons le thème de la sobriété comme une voie de transformations individuelles et collectives pour faire advenir un monde désirable.
Un contexte mondial qui rend nécessaire de repenser nos modes de vie
Les sécheresses records de l’été, les mégafeux qui ravagent des forêts entières, les tensions énergétiques liées à la guerre en Ukraine ou encore la raréfaction de certaines ressources nous rappellent qu’il est urgent de repenser nos modes de production, de consommation et d’usage : la sobriété apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour limiter notre empreinte humaine sur la planète.
La sobriété est « un ensemble de mesures et de pratiques quotidiennes qui permettent d’éviter la demande d’énergie, de matériaux, de terres et d’eau tout en assurant le bien-être de tous les êtres humains dans les limites de la planète » (définition du GIEC, 2022).
En effet, la sobriété revient à apprendre à utiliser les ressources de manière raisonnée, en évitant le gaspillage et en privilégiant ce qui est vraiment nécessaire.
Les aléas climatiques rappellent constamment que les activités anthropiques dérèglent le climat et qu’il est urgent de réduire drastiquement cette empreinte humaine sur la planète.
À l’échelle internationale, une dynamique émerge pour transformer nos modes de production et de consommation, comme en témoigne le récent sommet de Genève sur la pollution plastique du 5 au 14 août 2025, soldé par un échec à trouver un accord international. Plusieurs pays producteurs de plastique (notamment les États-Unis, l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Iran, la Russie, et la Malaisie), soutenus par les lobbies pétroliers et pétrochimiques, ont opposé une vive résistance aux négociations préférant miser sur la gestion des déchets plutôt que sur une réelle transformation des modes de production. Ce blocage illustre la difficulté de mener des réformes ambitieuses à l’échelle mondiale, quand des intérêts économiques puissants entravent toute voie de progrès collectif.
La pollution plastique termine le plus souvent dans l’océan, où elle s’accumule jusqu’à former le “Great Pacific Garbage Patch” ou le “continent de plastique” : une gigantesque nappe de déchets plastiques flottant dans le Pacifique Nord, entre Hawaï et la Californie.
Questionner et repenser ses besoins réels
Loin d’être synonyme de privation ou de sacrifice, la sobriété n’est pas une régression, mais une transformation. Elle nous invite à repenser nos modes de vie, nos usages et nos organisations, à utiliser autrement les ressources à notre disposition et à rompre avec le modèle de surconsommation. Elle questionne nos besoins réels, nous pousse à distinguer l’essentiel de ce qui relève simplement de nos envies, et interroge ce qui compte vraiment pour vivre bien.
Le phénomène de fast-fashion provoque une surproduction de vêtements donc les invendus s’entassent dans des décharges à ciel ouvert, comme dans le désert d’Atacama au Chili dans lequel se trouve l’un des plus grands dépôts de déchets textiles au monde.
Qu’il s’agisse de nos déplacements, de notre alimentation, de nos choix technologiques, de nos manières de consommer ou de produire, la sobriété ouvre la voie à des transformations individuelles et collectives, vers une vie plus consciente, équilibrée et souhaitable.
La sobriété est une voie vers une forme de liberté, celle de ne plus dépendre d’un système fragile, instable et inégalitaire.
Des transformations individuelles et collectives
La sobriété est un levier puissant de transformation individuelle et collective. À l’échelle personnelle, elle invite à repenser nos habitudes de consommation, à distinguer nos besoins essentiels de nos désirs passagers, et à adopter des gestes quotidiens plus responsables.
Repenser nos déplacements et utiliser des mobilités douces représente une forme de sobriété. Au MoHo, nous encourageons l’utilisation de modes de déplacements durables tels que le vélo en mettant à disposition des racks à vélos pour les usagers du lieu.
La sobriété ne se limite pas à des choix individuels, elle s’étend aux entreprises et aux organisations (consommation d’énergie, déchets, déplacements…). Pour ces structures, la sobriété peut aussi passer par la révision des modèles économiques et des offres de produits, en privilégiant la qualité et la durabilité plutôt que la quantité.
Par exemple, la marque internationale de produits de soin et d’hygiène pour bébés Mustela a décidé de cesser progressivement la commercialisation de ses lingettes jetables (20% de son chiffre d’affaires en France) d’ici 2027, proposant des alternatives compostables et plus durables.
Low tech : la simplicité comme levier de sobriété
La sobriété passe aussi par nos choix technologiques, en privilégiant des solutions simples, durables et efficaces, comme l’illustre la low tech.
Le concept de low tech se base sur l’idée de concevoir et d’utiliser des technologies simples, durables et accessibles, en opposition à la multiplication d’outils high-tech complexes et coûteux en ressources. Il ne s’agit pas de renoncer à l’innovation, mais de privilégier des solutions efficaces, réparables et moins consommatrices de ressources (énergie, matériaux, ressources naturelles…).
La tiny house est une forme d’habitat low tech : un habitat minimaliste limitant la consommation de ressources, privilégiant la simplicité, la réparation et l’autonomie.
Cette démarche est donc une manière de repenser nos outils et nos infrastructures pour répondre à nos besoins essentiels en respectant les limites planétaires et en renforçant notre autonomie.
Un trimestre dédié aux sobriétés pour un monde désirable
Dans un contexte international de nécessaire réduction de l’empreinte humaine sur la planète, MoHo lance ainsi sa programmation trimestrielle autour de la sobriété et l’importance de repenser individuellement et collectivement nos besoins, nos usages et nos modes de vie.
Entre septembre et décembre 2025, nous souhaitons à travers nos contenus réfléchir et agir ensemble autour d’une sobriété non pas subie mais choisie et créatrice de sens et de liens.
La sobriété représente la possibilité de vivre dans un monde plus respirable, de réapprendre à collaborer, de créer des coalitions qui renforcent la résilience de nos sociétés. C’est ensemble que nous pouvons redéfinir nos priorités, inventer des solutions sobres et joyeuses, et bâtir un récit où « moins » rime avec mieux.
Retrouvez la programmation des événements au MoHo ici !
Concrètement, le programme MoHo4Young agit en partant d’un constat : les jeunes, souvent pleins d’idées et d’envie, manquent de moyens ; qu’ils soient financiers, en compétences, ou simplement en confiance en eux.
Chez MoHo4Young, nous croyons qu’avoir quelqu’un qui croit en leur projet peut tout changer. C’est pour cela que chaque année, nous lançons un appel à projets national pour redonner aux jeunes générations (8-30 ans) le pouvoir d’agir. Ce programme est unique en France, car il accompagne de très jeunes porteurs de projet, parfois dès 8 ans, avec une approche simple et souple, permettant au plus jeune de candidater facilement.
Voilà maintenant 4 ans que MoHo4Young est né. Depuis 4 ans, c’est 38 projets qui ont vu le jour ; projets qui tournent autour de thématiques telles que le climat, la biodiversité, l’inclusion, la santé, la mobilité, …
Après plus de 70 candidatures reçues et plusieurs étapes de sélection (dossiers écrits, présélections et pitchs) devant un jury composé de partenaires, mécènes et anciens lauréats, leurs projets ont été choisis.
Et les 10 lauréats sont…
Paroles de Paysans : Floris offre aux étudiants et jeunes chercheurs en agronomie l’opportunité d’utiliser l’art pour communiquer sur les enjeux agricoles. Ce projet les aide à réaliser des reportages qui donnent la parole aux paysans et montrent les alternatives écologiques en agriculture.
Cappli : Domitille a pensé un projet porté par l’association CAPU, engagée auprès des 14-30 ans depuis six ans. Cappli est une plateforme visant à améliorer le parcours de soins en santé mentale des adolescents et jeunes adultes.
Accueil de jour la toile : Cette association créée par Marie est un accueil de jour pour les femmes et les minorités de genre en situation de grande précarité sur la Métropole de Lyon. Il s’agit ici de créer un espace où chaque personne se sent en sécurité, respectée, et acceptée.
Selec’tri : A travers cette association, Elodie a pensé une poubelle destinée aux électriciens, conçue à partir de leurs propres déchets : les gaines électriques. Elle est inscrite dans une démarche de design circulaire, en transformant un rebut du chantier en une solution durable et fonctionnelle.
Backados : Avec l’aide de sa mère, Louise a créé son association pour aider les jeunes à vivre plus longtemps et en bonne santé en ayant de bonnes habitudes de vie : limiter les écrans, manger sain, ne pas rester être trop sédentaire, faire de l’ activité physique, avoir un sommeil de qualité…
Avenir vert solidaire : Joséa a créé une association dont l’objectif est de favoriser l’autonomie alimentaire des orphelinats et écoles. Elle est active au Bénin, avec deux fermes en aquaponie dont 70 % de la production nourrit les enfants. En France, elle sensibilise les enfants à l’aéroponie, avec des supports ludiques et pédagogiques.
Tré d’union : Jehanne porte un projet visant à faciliter la transformation de fonciers vacants en espaces mutualisés et durables, en mettant en relation des propriétaires engagés et des porteurs de projets à impact, afin de contribuer au développement territorial, social et écologique.
Natur’en Fait : Lise crée le premier réseau de festivals et de projets de sensibilisation autour de la nature en France. Elle se donne pour mission d’offrir à chaque citoyen les clés pour comprendre, aimer et protéger la nature en les engageant dans des activités interactives.
La rafistolerie : Louisa porte une association dédiée à redonner vie aux textiles oubliés. L’objectif est de transformer l’usé en précieux, l’ancien en possible, le tout tissé avec soin et créativité par les personnes qui s’occupent de ce lieu atypique.
Laco’Work & Co : Aminata a créé un tiers-lieu solidaire alliant laverie, coworking et restauration participative pour favoriser l’accès aux services essentiels, créer du lien social et promouvoir une consommation responsable. C’est un espace ouvert à tous, basé sur l’entraide.
La suite ?
Les 10 lauréats sélectionnés sont ensuite accompagnés par des mentors bénévoles qui les soutiennent à toutes les étapes de leur parcours de formation, ils reçoivent aussi une subvention allant jusqu’à 3000€, rejoignant une promo de jeunes engagés pour se sentir moins seuls, et de la visibilité autour de leurs projets.
Remerciements
Merci à Oxford, Socaps, SNCF voyageurs, Raise, HEP education, ASUWISH, Pimpant, Campanile, Les frères chaussettes, MAIF, Make_sense, Jobs that make sense, On est prêt, Article1, Alba, Diversidays, Youth Forever, La Croix-Rouge, Les déterminés, Startup for kids, Live for good, Un sourire, Ma petite planète, SCHOOLAB, Crédit Agricole Normandie, Usbek et Rica, Maddyness, Sogood, Reporters d’espoirs, Sud Ouest, L’ADN, Ouest France, FIDAL Avocats, Google Ateliers Numériques, Pépite Normandie, Bénédicte Parry L’imaginaire en action, Ecriture de veilleuse – Illuminer les histoires, Mind Scale, Néfertiti Conseils, Normandie Agence de Développement, Académie Geekie et MoHo.
Les Psychédéliques : un autre chemin pour soigner les troubles de santé mentale
Les psychédéliques, tels que le LSD, la mescaline, la psilocybine ou la DMT, sont des substances qui ont fait l’objet de nombreuses controverses et expérimentations tout au long du XXe siècle. Le terme « psychédélique », inventé en 1956 par le psychiatre Humphrey Osmond, signifie « révélateur de l’esprit », car ces substances ont la capacité de provoquer des états de conscience modifiés et de plonger l’individu au cœur de l’inconscient. Utilisées depuis l’origine de l’Homme, ces substances ont fait l’objet de recherches scientifiques et d’expérimentations culturelles dès la fin du XIXe siècle, notamment avec l’isolement de la mescaline, issue du peyote, un cactus utilisé rituellement par des peuples indigènes d’Amérique du Nord.
Dans les années 1920-1950, des expérimentations psychiatriques ont utilisé ces substances dans des « thérapies de choc » visant à réinitialiser le psychisme des patients, mais les résultats furent largement controversés.
En 1943, Albert Hofmann redécouvre les effets du LSD. Un soir, il ressent des sensations étranges et se demande si cela ne provient pas des émanations de ce produit. Il décide alors de “tester” en absorbant ce qu’il considère être une petite dose, mais qui, pour du LSD pur, l’envoie dans un trip de huit heures. Cette “découverte” marquera le début des recherches intensifiées sur cette substance. Sa diffusion dans les années 50-60 ouvre une ère nouvelle de recherche, tandis que la psilocybine, isolée par le mycologue Roger Heim, rejoint cette révolution, tout comme la mescaline, déjà connue pour ses effets hallucinogènes. Mais c’est surtout la contre-culture hippie, portée par des figures comme Timothy Leary, qui popularise ces substances. Le mouvement pacifiste de l’époque, pendant la guerre du Vietnam, provoque cependant la colère de Richard Nixon, qui qualifie Timothy Leary de “l’homme le plus dangereux d’Amérique” et mène une guerre contre les psychédéliques. En 1966, l’article « Les poisons de l’esprit » publié dans Le Monde entraîne l’interdiction des psychédéliques en France, bien avant les États-Unis. Cette stigmatisation a conduit à une exclusion prolongée des psychédéliques des recherches académiques.
Dans les années 80-90, l’émergence de nouvelles techniques d’imagerie cérébrale et un intérêt grandissant pour les maladies psychiatriques telles que la dépression et le PTSD redynamisent la Recherche. L’une des grandes figures de ce renouveau est le journaliste Michael Pollan, dont le livre How to Change Your Mind a touché des millions de lecteurs, en particulier aux États-Unis, en popularisant les bénéfices thérapeutiques des psychédéliques.
En France, Dominique Nora, ex-directrice du Nouvel Obs et grand reporter, s’est intéressée à ce sujet et a publié un livre en 2025, “Voyage dans les médecines psychéliques” chez Grasset. Dans ses recherches, elle explore comment le potentiel thérapeutique des psychédéliques ouvre des opportunités immenses pour soigner des troubles de santé mentale. Aujourd’hui, des millions de personnes souffrent de dépression, de stress post-traumatique et d’addictions, et ces maux font l’objet d’un “business” immense et souvent addictif. Les psychédéliques pourraient pourtant offrir de nouvelles solutions thérapeutiques. Leur intégration dans le système de santé français, toutefois, demeure un défi.
Malgré cet intérêt croissant, la France reste en retard, avec des lois strictes et une régulation étroite des substances psychédéliques. La recherche est encore limitée par un cadre bureaucratique rigide, et de nombreux chercheurs préfèrent se tourner vers des pays comme la Suisse ou les Pays-Bas, où la recherche sur ces substances peut se faire dans un cadre plus souple. Cependant, des initiatives comme PsychedeliCare (en commentaire), un référendum d’opinion citoyenne lancé en 2025, visent à ouvrir la voie à une législation plus ouverte et à promouvoir une recherche encadrée sur ces thérapies. Si ces changements se concrétisent, les psychédéliques pourraient devenir un axe majeur pour aborder les troubles mentaux du XXIe siècle.
Pour la Positive Library, MoHo et Mollat ont souhaité recevoir Dominique Nora. Un voyage extraordinaire et un sujet tellement intéressant qu’il ne mérite pas de rester dans une stigmatisation.
NB : L’usage des psychédéliques est interdite en France. Cet échange sur les enjeux de la recherche sur ces substances ne vise pas à promouvoir son utilisation.
En octobre 2023, l’équipe de MoHo lance la Positive Library : une bibliothèque dédiée à l’impact réunissant les livres cruciaux pour que chacun puisse comprendre les mécaniques principales du monde dans lequel nous nous retrouvons.
Ces ouvrages sont recommandés par ceux et celles qui tous les jours s’engagent, construisent, et coopèrent pour une société inclusive, généreuse, en harmonie avec le vivant.
Ce projet se réalise en deux temps :
une bibliothèque au sein de MoHo et qui doit réunir jusqu’à 3000 ouvrages.
un site internet qui mettra en avant les auteurs, les autrices et les ouvrages à découvrir.
Ce projet est soutenu par la Librairie Mollat et par de nombreux éditeurs.
Il ouvre une séquence nouvelle en termes d’engagement pour MoHo et se traduira par des conférences, des événements, des rencontres mais aussi par des conversations en ligne avec ces auteurs et autrices. Les enregistrements se déroulent à Paris et sont diffusés sur la chaîne YouTube de la Librairie Mollat ainsi que sur les supports de MoHo.
Nous avons tous en tête des écrits qui ont transformé nos vies. Les partager est certainement la première action commune pour enclencher le changement.
« L’homme qui ne lit pas n’a aucun avantage sur l’homme qui ne sait pas lire. » Mark Twain
Le meilleur est à venir – Arthur Auboeuf
« Le bonheur ne réside ni dans la surconsommation, ni dans la manipulation algorithmique des réseaux sociaux, ni dans la quête effrénée de “likes”. »
Positive Library (MoHo) et la Librairie Mollat s’associent pour mettre en lumière le livre d’Arthur Auboeuf Le meilleur est à venir !, qui propose une approche novatrice de l’écologie par le prisme du bonheur.
Alors que les approches écologiques adoptées ces dernières années peinent à produire des résultats tangibles, il est temps d’expérimenter une démarche différente : une écologie rassembleuse, joyeuse et tournée vers l’action. Sans déni des réalités, mais motivée avant tout par la quête de bonheur et de sens, cette approche personnelle nous concerne tous.« Le vrai bonheur coûte peu ; s’il est cher, il n’est pas d’une bonne espèce. » – Chateaubriand
Et maintenant que faisons-nous ? Flore Vasseur
« Pour s’éveiller, il faut d’abord s’effondrer. C’est un processus malheureusement nécessaire. »
Suite à son documentaire Bigger Than Us, Flore Vasseur publie Et maintenant que faisons-nous ? aux éditions Grasset. Positive Library (MoHo) et la Librairie Mollat s’unissent pour mettre en lumière cet ouvrage passionnant et essentiel, qui invite le lecteur à passer à l’action.
Enregistré au lendemain de l’élection de Donald Trump, l’épisode témoigne du regard intime et engagé de Flore Vasseur sur notre société et sur l’urgence d’agir. S’engager, c’est d’abord accepter de ne pas toujours être pleinement efficace, mais entreprendre un travail sur soi pour tendre vers l’alignement. C’est aussi ouvrir les yeux sur ce qui inspire les nouvelles générations, s’émerveiller devant les solutions possibles et rejeter les dogmes actuels qui imposent à chacun de toujours accélérer — mais vers quoi, et pour quoi ?
« J’ai appris au fil du temps que lorsque nous sommes fermement résolus, notre peur diminue. » – Rosa Parks
Un Donut pour tout changer – Damien Routier
Damien Routier publie Un Donut pour tout changer aux éditions Vuibert. Dans cet ouvrage, il explore les clés que les entreprises doivent mettre en place pour se développer tout en respectant les frontières planétaires.
La Librairie Mollat et la Positive Library (moHo) s’associent pour mettre en lumière cette approche économique où tout est interconnecté et porteur de sens.
Face à l’ampleur des enjeux et à l’idée de devoir transformer leur modèle économique, de nombreuses entreprises hésitent à amorcer une réflexion sur leur impact. Pourtant, le contexte économique, social et environnemental pourrait bientôt les contraindre à adopter des changements bien plus radicaux.
L’enjeu pour ces organisations est, assez simplement, de faire le premier pas : s’interroger sur leur contribution et leur rôle. Ce cheminement permet alors de construire une stratégie efficace, cohérente et adaptée à la mesure des défis à venir.
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas, c’est parce qu’on n’ose pas qu’elles sont difficiles. » – Sénèque
Villes régénératives : Rééquilibrer les écosystèmes Vivants et humains pour des transformations désirables
“Une septième limite planétaire en voie d’être franchie”. Les limites planétaires représentent un défi majeur pour l’humanité, remettant en question notre modèle de développement et l’équilibre fragile des écosystèmes qui soutiennent la vie sur Terre. Face à l’épuisement des ressources naturelles, à la dégradation de la biodiversité et aux changements climatiques, il devient impératif de repenser nos modes de production et de consommation afin de préserver les conditions nécessaires à l’habitabilité de notre planète, recréer du lien social et rendre les transitions désirables.
Tous les territoires sont aujourd’hui soumis aux risques liés aux changements climatiques. En 2023, environ 80% de la population française vivait en milieu urbain (INSEE, Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines 2020). Les villes sont à la fois des contributrices majeures au changement climatique, et des lieux particulièrement vulnérables à ses impacts. En tant que centres d’activités économiques, sociales et démographiques, les villes consomment une part importante des ressources mondiales et sont responsables en France de 67% des émissions de gaz à effet de serre du pays, notamment à travers les secteurs des transports, de l’industrie et du bâtiment (Il était une data : en France, les villes sont responsables de 67% des émissions de gaz à effet de serre ?Presse de Sciences Po, 2022) . Parallèlement, les villes sont en première ligne face aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les inondations et les tempêtes. L’Indonésie, pays fortement touché par la montée des eaux, s’apprête notamment à remplacer sa capitale Jakarta par une autre ville à cause de la montée des eaux.
Les villes doivent certes être plus résilientes et durables, mais elles doivent aujourd’hui aller au-delà des enjeux d’adaptation au changement climatique. Les écosystèmes urbains ne doivent pas seulement limiter leurs externalités négatives sur l’environnement et sur la société, mais participer à la régénération des écosystèmes. Ils doivent être proactifs dans la création d’impacts positifs pour la planète et la société en réparant, régénérant, en favorisant la circularité, la sobriété et l’interconnexion. Le concept d’urbanisme circulaire a notamment été introduit par l’urbaniste Sylvain Grisot et sert “à mettre en récit, de façon claire et lisible, une approche plus durable de la ville et d’agir en conséquence” (Manifeste pour un urbanisme circulaire, Sylvain Grisot, 2021).
Le concept “régénératif” appliqué au développement durable a émergé dans les travaux de plusieurs théoriciens dans les années 1990, comme « Regenerative Design for Sustainable Development » de John T. Lyle en 1994, ou encore Billy Reed qui a théorisé le principe d’urbanisme régénératif dans les années 1990, avec le Regenesis Group, une organisation spécialisée dans le développement durable et régénératif.
Le concept de villes régénératives est ainsi une synthèse des idées sur la durabilité, la restauration des écosystèmes et l’économie circulaire, porté par des penseurs comme John T. Lyle, Bill Reed, Janine Benyus, et des organisations telles que la Fondation Ellen MacArthur.
La ville régénérative introduit un véritable changement de perspective et nous incite à réévaluer profondément notre relation avec la nature. Il s’agit de ne pas chercher à maitriser son environnement, mais à être un des participants au sein d’un écosystème complexe et interconnecté, où chaque acteur joue un rôle essentiel.
Chez MoHo, nous animons des coalitions pour faire penser et concevoir des villes sobres, circulaires, justes, saines et joyeuses, où le vivant et la coopération occupent une place centrale. C’est l’enjeu de la ville régénérative, qui réharmonise les interactions entre les activités humaines et les écosystèmes naturels, tout en soutenant le bien-être des habitants, la diversité biologique et la santé de l’environnement. Pour cela, les villes doivent aller au-delà des stratégies d’adaptation au changement climatique, et remettre le Vivant et la coopération au cœur des modèles urbains pour construire des villes désirables.
Ce courant de pensée des villes régénératives se base sur plusieurs aspects :
Une meilleure gestion des ressources et une économie circulaire
La ville régénérative fonctionne sur un usage optimal des ressources, avec une économie circulaire au cœur de la résilience urbaine. Les déchets sont transformés en ressources grâce au recyclage, au compostage, et à la réutilisation. L’utilisation des matériaux et des ressources naturelles est également optimisée. Cette approche permet de réduire la dépendance aux ressources extérieures et de développer une boucle fermée ressources/déchets.
Les villes de demain devront améliorer leur gestion de l’eau pour s’adapter aux sécheresses ou aux pluies abondantes. Cela inclut le recyclage des eaux usées, la récupération des eaux de pluie et des systèmes d’irrigation efficaces. Ces pratiques permettent de mieux utiliser les ressources en eau et de garantir une distribution stable, même en période de crise.
La ville de Copenhague s’appuie sur un système de gestion des eaux de type régénératif : en réponse aux défis posés par le changement climatique et aux risques d’inondations croissants, la ville a mis en place un système innovant de gestion des eaux pluviales qui non seulement protège contre les inondations, régénèrent les nappes phréatiques en captant jusqu’à 30% des eaux pluviales, favorisent la biodiversité urbaine, améliorent la qualité de l’eau de rivières et permet des économies d’énergies.
Les milieux urbains doivent s’appuyer sur des énergies propres comme le solaire, l’éolien et la géothermie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’intégration de systèmes d’énergie décentralisés (comme les microgrids) rend la ville plus autonome et résiliente en cas de crises énergétiques. Freiburg, surnommée la « capitale écologique » d’Allemagne, illustre la gestion régénérative de l’énergie. La ville a adopté une stratégie énergétique durable qui dépasse la simple réduction des émissions de carbone, en intégrant des éléments de régénération et de restauration des ressources naturelles. Le système énergétique de la ville est basé sur une énergie solaire omniprésente, des bâtiments qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment et aident à régénérer le système énergétique global et rendre les ressources locales plus résilientes.
Des solutions basées sur la nature
Intégrer des solutions basées sur la nature, comme la réintroduction de zones humides, la plantation d’arbres et la préservation de la biodiversité urbaine, renforce la résilience des villes. Ces éléments naturels agissent comme des tampons contre les effets du changement climatique comme les îlots de chaleur, les inondations une mauvaise qualité de l’air.
La régénération des écosystèmes passe également par la renaturation des villes. En recréant des écosystèmes fonctionnels dans les zones urbaines, comme la réintroduction de zones humides ou la renaturation des rivières, la ville régénérative améliore la résilience face aux inondations, tout en favorisant la biodiversité et le captage du carbone.
Combinant renaturation et inspiration biomimétique, les 18 super-arbres de la forêt artificielle de Singapour permettent un foisonnement d’écosystèmes végétaux et supportant des installations énergétiques de la ville. La canopée fonctionne comme un branchage : des panneaux solaires récupèrent l’énergie solaire à l’image de la photosynthèse, récupèrent les aux de pluie, et convertissent les déchets végétaux en engrais naturels.
Des infrastructures résilientes
Pour faire face aux aléas climatiques, les infrastructures doivent être conçues de manière à résister aux événements climatiques extrêmes tels que les inondations, les vagues de chaleur et les tempêtes. Les bâtiments doivent être conçus pour résister à ces événements. Sur les côtes, des digues ou des zones tampon doivent être construites pour prévenir la montée des eaux.
La planification urbaine doit intégrer des principes de durabilité pour réduire les externalités négatives des villes sur l’environnement et ainsi réduire sa participation au changement climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Par exemple, la création d’infrastructures vertes, telles que les parcs, les toits végétalisés et les jardins urbains, permet non seulement de capter le CO2, mais aussi d’améliorer la gestion des eaux pluviales, atténuant ainsi les risques d’inondations et d’érosion.
La maison Josh’s House en Australie a été construite dans un objectif d’efficacité énergétique et de résilience : basées sur des principes de conception solaire passive bien établis afin d’assurer un confort thermique maximal tout au long de l’année, sans climatisation ni chauffage artificiel. Des installations et des appareils électroménagers économes en eau et en énergie, combinés à la production d’énergie sur place, à la récupération des eaux de pluie et au recyclage des eaux grises, contribuent à la performance environnementale des maisons…
“Nous devons basculer sur un urbanisme circulaire où, une fois qu’un sol a été utilisé pour un usage urbain et qu’il n’a plus de fonction agricole ou naturelle, on maximise son usage”. Sylvain Grisot
Une mobilité douce
Les villes de demain doivent développer des services et infrastructures de mobilité bas carbone robustes, flexibles et inclusives pour soutenir la résilience urbaine et utilisant les ressources déjà présentes au sein du système urbain, y compris les déchets.
La promotion des modes de transport doux (marche, vélo) et des transports en commun non polluants (bus électriques, tramways, trains à hydrogène) permet de réduire la pollution atmosphérique et de limiter l’empreinte carbone du secteur des transports. Des systèmes de mobilité partagée (autopartage, vélos en libre-service) permettent également une optimisation des ressources.
Toutes ces évolutions passent par la planification urbaine et périurbaine, qui permettent notamment de diversifier et sécuriser les systèmes de déplacement face aux crises. Cette planification sur la mobilité implique de repenser où sont placés les logements, les centres d’activités et de loisirs. La réflexion doit inclure à la fois les acteurs économiques et les citoyens afin d’assurer une désirabilité des aménagements.
Des systèmes alimentaires locaux et résilients
La ville régénérative a une approche durable et circulaire de la production, de la distribution et de la consommation alimentaire. L’objectif est de créer un système alimentaire qui régénère les écosystèmes urbains tout en garantissant une alimentation saine et locale pour les habitants. Cela permet d’avoir une sécurité nutritionnelle, tout en réduisant la dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Selon les travaux de la Chaire Agriculture Urbaine d’Agro Paris Tech, l’agriculture urbaine peut être définie simplement comme une activité agricole située à proximité de la ville (appelée « péri-urbaine ») ou à l’intérieur même de la ville (dite « intra-urbaine »), qui entretient une relation fonctionnelle avec celle-ci. Elle contribue à l’approvisionnement alimentaire tout en offrant divers services aux citadins, tels que la création de liens sociaux, la gestion des eaux pluviales, la valorisation des déchets urbains, ainsi que la sensibilisation à l’environnement.
Ces systèmes alimentaires durables et circulaires utilisent des pratiques de permaculture et d’agroécologie, qui permettent de produire des aliments tout en régénérant les écosystèmes, en favorisant la création de nouveaux écosystèmes et en captant le carbone dans les sols.
Dans une ville régénérative, le système alimentaire est circulaire : les déchets organiques sont transformés en ressources, comme du compost pour les sols ou du biogaz pour l’énergie. Les eaux usées peuvent également être traitées et réutilisées pour l’irrigation des cultures. Cela permet de minimiser les déchets et de maximiser l’utilisation des ressources locales tout en contribuant à la régénération des sols.
L’agriculture régénérative peut passer par la gestion des troupeaux : les éleveurs disposent de plusieurs leviers comme l’augmentation des surfaces en prairies, la diversification des variétés fourragères ou encore le pâturage tournant dynamique.
La santé et le bien-être urbain
L’environnement joue un rôle essentiel dans la santé humaine, en influençant celle-ci via divers éléments : la qualité des milieux naturels (comme l’air ou l’eau), les nuisances qui s’y propagent (telles que le bruit ou l’insalubrité), ainsi que les fluctuations climatiques. De plus, les activités humaines, qu’il s’agisse de l’industrialisation, de l’urbanisation ou du développement technologique, peuvent également affecter la santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 23 % des décès et 25 % des maladies chroniques à l’échelle mondiale sont liés à des facteurs environnementaux et comportementaux, tels que la qualité de l’air intérieur et extérieur, celle de l’eau et de l’alimentation, ainsi que l’exposition aux produits chimiques, aux ondes, au bruit, entre autres.
Les villes régénératives sont conçues pour être résilientes face aux crises, qu’elles soient climatiques ou sanitaires, mais également pour éviter que ces crises adviennent grâce à l’harmonie créée entre tous les écosystèmes, Humain et Vivant. L’accès à des ressources locales, une organisation communautaire forte et des infrastructures adaptées (comme des logements et services résilients) permettent de mieux faire face aux aléas.
Un système d’alimentation saine et locale, une meilleure qualité de l’eau et un accès équitable aux services de santé permettent de garantir une bonne santé des habitants. La réduction des îlots de chaleur, de la pollution de l’air, de la pollution sonore et la renaturation des milieux urbains améliorent également la santé publique et le bien-être des habitants.
Le lien social et la cohésion
La ville régénérative renforce le tissu social et implique les citoyens dans le développement de villes désirables en créant des espaces de dialogue et permettant un vivre ensemble harmonieux entre l’Humain et le Vivant.
La ville régénérative repense la manière de se loger pour encourager une plus grande sobriété dans les infrastructures de logement, une désirabilité des logements collectifs et une coopération entre les habitants avec la mutualisation des espaces et des services, permettant une réduction de l’empreinte environnementale des logements et un renforcement des liens sociaux.
Des initiatives allant vers des modèles régénératifs se développent en France, comme l’éco-village de Val de Reuil : cet éco-village encourage la diversité fonctionnelle et sociale en proposant à la fois des logements individuels et de petits ensembles collectifs, ainsi qu’une crèche et des jardins partagés. Une activité de maraîchage y est également développée. Un parc écologique, intégrant un pré pour les ânes et un observatoire à oiseaux, favorise les interactions et le retour de la faune. Par ailleurs, des voies vertes renforcent la connexion entre les habitations et la berge semi-naturelle adjacente.
S’il existe des exemples d’initiatives dans les villes sur certain secteurs (gestion des ressources en eau) ou de bâtiments à visée régénérative, la notion de ville régénérative ne dispose pas exemple d’exemple concret et fonctionnel. La biodiversité reste encore absente dans la majorité des conceptions urbaines, et demandent une transformation à de nombreux niveaux (politique, économique, social et technologique).
Face aux défis climatiques et à l’urgence de la sobriété, créons des espaces de dialogue pour imaginer des villes désirables, favorisons les coopérations entre collectivités, entreprises, associations, citoyen.nes, étudiant.es, artistes et chercheur.euse.s pour déployer des solutions soutenables et cohérentes.
Par les coalitions MoHo, réinventons des systèmes urbains qui réparent, revitalisent et régénèrent les ressources naturelles et les relations sociales.
MoHo lance la coalition Villes Régénératives, en s’appuyant sur le succès de nos deux premières coalitions, Villes & Vivant (co-portée avec makesense et Ceebios) et Mobilité Durable. Chaque coalition a permis de traiter des problématiques concrètes grâce à des formats d’intelligence collective sur plusieurs mois et d’embarquer des acteurs diverses vers une nouvelle vision commune.
Vous êtes une collectivité, un porteur de projet, un acteur solution, une entreprise, une association, rejoignez la coalition et contactez : eva@moho.co
Pour aller plus loin, recevez tous les mois notre Newsletter Régénérons demain, pour transformer votre organisation vers des modèles économiques, organisationnels et productifs régénératifs !
Clémence Pille – Cheffe de projet mobilité durable et contenus
Positive Library et Mollat : un cycle de conversation avec des auteurs / autrices de l’impact
Nous sommes heureux de vous annoncer un prochain cycle de contenu passionnant avec Librairie Mollat dans le cadre de la création de la Positive Library / Bibliothèque Audrey Gentilucci .
Cette bibliothèque va réunir des milliers d’ouvrages à impact avec une originalité particulière puisque chacun de ses livres a été recommandé par un auteur / autrices ou acteur / actrices de l’impact. C’est donc un objet de curation qui permettra à chacun d’améliorer sa connaissance et sa culture sur nos grands enjeux de société.
Une page web sera également en ligne pour lister l’ensemble des livres. (vous pouvez déjà explorer la page Instagram 🙂 (en lien des commentaires)
En parallèle, les équipes de MoHo et Librairie Mollat vous proposent une série de plusieurs conversations de 45 à 60 mn avec des auteurs et autrices qui publient un ouvrage à impact. Nous aborderons les enjeux sociaux, économiques, climatiques, technologiques…
Pour ce premier épisode nous avons invité l’explorateur, chercheur et co-fondateur de Human Adaptation InstituteChristian Clot. A travers ses recherches de terrain et ses expériences (Deep Time, Climate Sense…) il offre une analyse claire, puissante et réaliste de cet enjeu d’adaptation.
Christian est reconnu comme l’un des plus grands experts mondiaux des enjeux d’adaptation individuels et collectifs aux grands changements qui percutent notre monde.
Vous y découvrirez
– Que la notion d’adaptation n’est pas une forme d’abandon mais qu’elle permet en réalité l’atténuation des effets des changements que nous vivons. – Les différentes séquences (et l’importance du temps) qui permettent aux individus, aux organisations et aux collectifs de s’adapter. – La place de l’émotion pour enclencher l’action.
A venir plusieurs épisodes avec des acteurs de l’impact, des philosophes, des économistes…
Nous espérons que ce contenu vous passionnera !
NB : La bibliothèque va se nourrir de vos envies, vos convictions et vos engagements. N’hésitez pas à déposer un des ouvrages qui vous a marqué à l’entrée de MoHo (et à écrire un mot dedans 🙂
N’hésitez pas non plus à nous proposer en commentaires des noms d’auteurs ou autrices que vous souhaiteriez entendre.
MoHo x RaiseLab : Quelles solutions pour décarboner les trajets domicile-travail ?
Dans le cadre de sa coalition mobilité durable, MoHo est ravi d’avoir collaboré avec RaiseLab pour sourcer et catégoriser 83 initiatives et startups facilitant la mobilité durable dans les organisations, à travers des solutions de mobilité et d’organisation du travail, notamment de gestion RH.
Cette boîte à outils alimentera la plateforme open source à destination des employeurs pour les aider à transformer les pratiques de mobilité domicile-travail en prenant en compte l’organisation du travail et en accompagnant le changement de comportement.
Cette plateforme qui sortira fin 2024 est la solution issue de la recherche de 18 mois menée en coalition avec 3 expertises et 50 partenaires réunis au MoHo lors de 3 temps de travail collectifs sur les clés d’une politique de mobilité qui fonctionne en entreprise !
Au cours de leur sourcing, les experts Raiselab ont identifié les grandes tendances des startups apportant des solutions sur la mobilité domicile-travail en 2024 en France et des outils pour appuyer ces transformations ( solutions mobilité bas carbone et solutions de gestion de l’organisation et la qualité de vie au travail). Vous pouvez les découvrir ici :
Thématique 1 : Solutions de mobilité bas carbone
Il devient de plus en plus évident que la décarbonation de la mobilité domicile-travail requiert une approche transversale, ne se limitant pas uniquement à une substitution des véhicules thermiques par des véhicules électriques ou à la simple réduction des trajets. Une des clefs de ce changement de paradigme réside par exemple dans le fait d’accorder la priorité à l’usage plutôt qu’à la possession.
Une multiplicité d’approches complémentaires permet d’adresser des besoins parfois complexes et les freins potentiels à l’adoption des modalités de transport durables
Nous avons identifié 4 sous-catégories reflétant cette diversité d’approches, contribuant à une offre complète de produits et de services de mobilité pour différents besoins:
Les acteurs spécialisés dans l’installation et l’opération de bornes de chargement dynamisent l’innovation dans ce secteur afin de couvrir tous les besoins et les espaces, du domicile au travail en passant par la voie publique, afin de répondre aux inquiétudes des utilisateurs et faciliter l’adoption des véhicules électriques ou hydrogène.
Les fournisseurs de transport permettent de :
1. Favoriser l’accès aux véhicules décarbonés notamment via le leasing et le libre-service
2. Mettre sur le marché des alternatives innovantes, notamment avec l’émergence des « VELI » (véhicules légers intermédiaires) qui se positionnent comme une alternative à mi-chemin le vélo et l’automobile.
3. Mutualiser l’utilisation des véhicules thermiques pour limiter leur utilisation individuelle
Les offres MaaS constituent une tendance émergente ces dernières années, en offrant directement aux utilisateurs, ou indirectement via des collectivités, la possibilité de combiner de manière fluide différents modes de transport (“intermodalité”) ou différents réseaux pour la réalisation de leurs trajets
Les acteurs proposant des services de retrofit offrent deux approches complémentaires: la décarbonation de véhicules thermiques en les équipant de batterie, et l’électrification de vélos pour favoriser leur usage et limiter l’utilisation d’autres moyens de transport émetteurs de CO2
Thématique 2 : Solutions de gestion RH
Pour réduire les trajets domicile-travail, il devient nécessaire de repenser l’organisation du travail de façon globale, sans se limiter aux changements de moyens de transport (ex : encourager le covoiturage et l’utilisation des transports en commun) et à la politique de mobilité de l’entreprise.
L’émergence de startups innovantes proposant des solutions facilitant le télétravail illustre une approche prometteuse pour relever ce défi.
Nous avons pu identifier 4 sous-catégories qui permettent d’adresser le sujet de la réduction des émissions domicile-travail autrement que par un pur moyen de mobilité :
Les solutions de gestion du travail hybride, qui permettent d’organiser le travail à distance ou multi-sites, de mieux collaborer, et ainsi de limiter les déplacements non essentiels (ex : M-Work, Klaxoon…).
Les solutions de gestion des avantages salariés, qui permettent aux entreprises de financer une partie de la transition vers une mobilité plus durable de leurs salariés (ex : Leeto, Happypal…).
Les solutions d’amélioration de la qualité de vie au travail, qui permettent de maintenir l’engagement des salariés même à distance (ex : Supermood, Haiilo…)
Les solutions d’évaluation pour servir le pilotage d’entreprise, qui permettent de réaliser des bilans globaux, tels que des bilans carbone ou des analyses de flottes, pour identifier les opportunités d’optimisation (ex : Aktio, Nelson…).
Ces approches diversifiées démontrent que la réduction des trajets domicile-travail peut être efficacement abordée par des changements structurels et organisationnels, bien au-delà de la simple modification des habitudes de mobilité.
Raiselab
RaiseLab est le premier acteur dédié à l’accompagnement des grandes organisations dans la création de valeur, d’alliances et de collaborations avec des acteurs technologiques tels que des startups, scale-ups et PME innovantes.
La mission de RaiseLab est de répondre à leurs enjeux stratégiques en imaginant, construisant et exécutant ces alliances, que ce soit sous des formats de co-développement, création de joint venture, intégration, investissement minoritaire ou majoritaire. RaiseLab compte des clients de tous secteurs, parmi lesquels : L’Oréal, LVMH, CITEO, Veolia, Michelin, CNP, BNP, E. Leclerc, etc.
MoHo
MoHo a pour mission de créer des coalitions multi acteurs et intergénérationnelles pour trouver des solutions systémiques sur les grands enjeux environnementaux et sociétaux. Nous réunissons en France et en Europe des entreprises, acteurs publics, citoyens, chercheurs, entrepreneurs, ONGs, associations, étudiants sur des thématiques clés comme la ville durable, la mobilité bas carbone, les emballages plastique et l’inclusion des jeunes. MoHo dispose d’un lieu de 7 500 m2 dédié à l’impact positif en Normandie, à Caen, qui rassemble et fait collaborer des publics de tout horizon à travers des espaces de travail et évènementiels favorisant la collision d’idées.