Interview – Diane Beaumenay activiste

Dans le cadre de notre initiative « Deplastify The Planet », MoHo vous propose de découvrir le portrait des 100 personnes clés qui comptent dans la lutte contre la pollution plastique. Chercheur, lobbyiste, activiste, entrepreneur, journaliste, politique, nous vous proposons de les rencontrer et de lire leur vision du sujet et des solutions pour éradiquer la pollution plastique. #DeplastifyThePlanet

Tu fais quoi dans la vie ?

Je suis juriste en droit de l’environnement de formation et responsable plaidoyer sur les déchets aquatiques pour Surfrider Foundation Europe. C’est une association de protection de l’océan créée par des surfers en 1990 à Biarritz dans le but originel de protéger leurs spots de surf contre les pollutions. Nous sommes présents dans 12 pays européens, avec une cinquantaine de groupes bénévoles, et nous travaillons pour protéger l’océan et garantir la santé des écosystèmes au bénéfice de la biodiversité et de la santé humaine. D’abord, nous développons une expertise sur les déchets aquatiques et la qualité de l’eau en collectant des données via les sciences participatives. Ensuite, nous avons une partie sensibilisation et éducation à l’environnement. Le troisième volet concerne la partie plaidoyer, pour dialoguer avec les entreprises, les politiques, influencer la loi et la politique environnementale pour rendre le cadre législatif plus protecteur de l’océan par exemple. Et mon quotidien, c’est la partie plaidoyer sur les enjeux de déchets et principalement de déchets plastiques.

Sommes-nous (des) malades du plastique ?

Oui, nous sommes malades à cause du plastique, c’est une certitude, il a un impact sur la santé humaine. Et nous sommes des malades du plastique car c’est un matériau omniprésent dans notre quotidien, dans tous les objets. Et pour s’en défaire, ça demande un vrai effort : c’est peu cher, ça a de multiples propriétés, on peut en faire à peu près tout ce qu’on veut ! Aujourd’hui, on se rend compte de son impact sur l’environnement et la santé humaine mais revenir en arrière est compliqué, avec une production exponentielle qui s’accompagne d’une pollution exponentielle de l’environnement. 

3 chiffres à avoir en tête ? 

On produit 460 millions de tonnes de plastique par an, et ce chiffre est exponentiel. Il y a au moins 12 millions de tonnes de déchets qui arrivent dans l’océan chaque année, l’équivalent d’un camion poubelle déversé par minute. Sur tous les plastiques produits, 36% sont des emballages : c’est à dire que plus d’un tiers du plastique sert à emballer d’autres produits… souvent en plastique. Enfin, 75% des déchets qu’on ramasse sur les plages sont des produits à usage unique

Qu’est-ce qui pourrait faire bouger les lignes ?

Il y a une prise de conscience généralisée sur le fait que le plastique est un facteur de pollution à la fois pour l’environnement et de plus en plus pour la santé humaine. Cette prise de conscience fait que les citoyens se mobilisent et ont envie de changer leurs comportements. Et ça va avec l’évolution du cadre législatif qui va contraindre les entreprises à bouger et surtout à changer de modèle économique. Le problème est que nous sommes toujours dans une société linéaire fondée sur les énergies fossiles : on produit, on consomme, on jette. Et le plastique est fait à partir de pétrole, donc basé sur ce modèle. Il nous faut donc un autre cadre législatif car les entreprises ne changeront pas de modèle d’elles-même. Parce que si les citoyens veulent changer mais qu’ils n’ont pas les moyens de le faire… eh bien, il faut proposer des solutions ! En France, nous avons pris des dispositions législatives en ce sens, comme la loi anti-gaspillage pour l’économie circulaire. Au niveau européen, on a eu la directive sur les plastiques à usage unique qui vient interdire certains produits.

Pour la première fois, on a accepté pour raisons environnementales des restrictions au marché intérieur, donc à la liberté commerciale qui est pourtant la règle d’or dans l’Union européenne. C’est vraiment une première étape. Et actuellement, il y a la discussion pour le traité international contre la pollution plastique. Le plastique, c’est comme le climat, c’est une pollution globale qui impacte tout le monde, une responsabilité partagée à laquelle il faut une réponse collective. Cette discussion au niveau international pourrait faire changer notre modèle économique.

Le premier objet du quotidien en plastique dont on peut se débarrasser ? 

Les deux premiers objets que j’ai vraiment supprimés sont le sac et la bouteille plastique. Il faut penser à prendre sa gourde et avoir toujours un tot bag sur soi  mais une fois que c’est ancré dans notre quotidien, ça ne pose aucun souci. Et ça fait vraiment partie des déchets qu’on retrouve le plus souvent sur les plages, ça me rend complètement dingue de voir autant de bouteilles alors qu’on a la chance d’avoir de l’eau potable en France, ce qui n’est pas le cas partout. Et au pire, il y a la bouteille consignée en verre. 

Comment agis-tu dans ta vie au quotidien ? 

Les gestes du quotidien ont leur utilité, d’abord parce que c’est hyper gratifiant de se dire que ce qu’on peut avoir un impact positif sur la planète, même si on a l’impression que ça n’a pas d’effet à notre échelle. Mais 7 milliards de petits gestes, ça a un énorme effet. En plus, on montre l’exemple et on montre que c’est facile. Personnellement, quand j’en parle, je vois émerger une prise de conscience, une petite graine et au fur et à mesure, les gens vont agir différemment. Et si notre comportement et notre discours ont un impact sur notre entourage qui a un impact sur son entourage… c’est l’effet papillon. 

On peut supprimer progressivement des objets plastiques de son quotidien, dans lidée dune démarche pas à pas. C’est compliqué de changer radicalement alors que c’est plus facile de se dire, chaque semaine ou chaque mois, que je supprime un objet plastique : les sacs, la bouteille, les emballages alimentaires en prenant sa boite en verre ou inox, les couverts réutilisables, etc. Puis on peut enlever le plastique de sa salle de bain en passant au shampoing ou savon solide, puis les produits d’entretien… Cette démarche fonctionne car on l’intègre progressivement et il y a de plus en plus d’alternatives, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans.

Un peu despoir ?

L’espoir est qu’il y a actuellement une prise de conscience. Les évolutions technologiques ont permis de filmer et diffuser des images qui ont pu choquer ou faire réfléchir. Quand on autopsie une baleine et qu’elle a 36 sacs dans son corps, on comprend qu’elle est morte à cause de nous ! On retrouve du plastique dans tous les oiseaux de mer, les tortues, les dauphins, etc. Ces images combinées avec les avancées scientifiques ont permis de faire émerger une prise de conscience via les médias. Et les politiques s’en saisissent. Sans parler de l’évolution législative depuis une dizaine d’années. Avant, quelques pays légiféraient alors que maintenant, on se dirige vers un traité international. Il va falloir une solution beaucoup plus ambitieuse que le recyclage, repenser nos modes de vie en réduisant complètement l’utilisation de cette matière toxique. Et on ne sait pas faire du plastique non toxique. Nous sommes encore loin de nos ambitions, mais si on veut voir une lueur d’espoir : au moins, maintenant, on en parle. 

Un message pour les décideurs ?

J’ai envie de parler aux décideurs publics, quelle que soit leur échelle : ayez le courage d’être à la hauteur de nos ambitions. Nous n’avons plus le temps d’attendre : dans 50 ans, il y aura plus de plastique que de plancton dans l’océan, sauf qu’on ne se nourrit pas de plastique. Donc il faut être ambitieux, il faut avoir une volonté politique forte pour changer de modèle et prendre des décisions. Et chacun peut le faire à son échelle : un maire peut prendre des arrêtés pour retirer le plastique dans certains commerces ; on peut encourager le réemploi ou supprimer des plastiques au niveau national ; et on peut se mettre d’accord pour réduire la production de plastique ou supprimer les subventions aux énergies fossiles au niveau international. Il faut du courage politique pour prendre la décision de changer le modèle économique.

Et pour la jeunesse ?

Continuez de vous mobiliser et de vous battre pour ce que vous croyez juste. Le climat, le plastique, ça se recoupe, et on voit une grosse mobilisation sur les sujets environnementaux. Si on se mobilise et si on continue de faire des choix différents, auxquels on croit, ça marche. Et si on fait ce en quoi on croit, ça a beaucoup plus de chances de marcher. Il faut s’intéresser, interroger, creuser le sujet, croiser les sources. C’est compliqué de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, donc il faut creuser ses informations, et pourquoi pas suivre des ONG si on veut s’engager,  parce que ça fait du bien au moral.

Comment je peux en savoir plus ?

J’irais évidemment sur les sites de Surfrider Foundation, nos réseaux sociaux, par exemple pour découvrir le bilan environnemental annuel sur l’état de la pollution marine. Car on ne fait pas que des ramassages de déchets : on les compte, on les qualifie, pour établir un diagnostic. Derrière, on agit pour supprimer la pollution à la source, mais c’est intéressant de se poser et de se demander : “ok, qu’est-ce qu’on retrouve vraiment sur les plages, d’où ça vient ?” On se rend compte que ce ne sont pas simplement les gens qui vont pique-niquer, ça vient souvent de beaucoup, beaucoup plus loin, parfois même d’industries. 

Il y a aussi le site de Rethink Plastic Alliance, une coalition d’ONG européennes, pour ceux qui veulent plus d’informations sur l’aspect politique européen. Donc dans la partie “library”, on trouve pas mal d’informations un peu plus techniques. 

Je conseille aussi un film très court, The Story of Plastic, disponible sur YouTube (sa version animée est ici), qui explique vraiment d’où vient le plastique, comment il a été produit et l’ensemble des impacts qu’il a sur la planète.

Il y a aussi plein de comptes d’influenceurs positifs, comme Gaëtan Gabriele ou Girl Go Green, que je recommande. Vous pouvez télécharger l’application Ocean Zero de la Surfrider Foundation, qui propose des petits défis hebdomadaires pour supprimer le plastique de son quotidien. Et enfin les rapports de l’UNEP, le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement, sur la pollution plastique mondiale. 

Une info surprenante, sur le plastique, à nous partager ?

“Le plastique ne disparaît jamais.” Il devient juste plus petit. Donc quand on produit 460 millions de tonnes de plastique, chaque année, elles ne disparaissent pas : elles deviennent 460 millions de tonnes de micro et nanoparticules plastiques. Et c’est pour ça qu’on en a absolument partout, au fin fond de la fosse des Mariannes comme au sommet des montagnes, dans l’eau, dans l’air, dans notre corps…

Ton panthéon des personnalités incontournables du plastique ?

Deux chercheurs scientifiques ont pour moi vraiment contribué à la prise de conscience sur la pollution plastique et microplastique du milieu marin : François Galgani de l’IFREMER et Fabienne Lagarde, enseignante-chercheuse à l’Université du Mans. C’est super important de lire leurs rapports, car ce sont des faits incontestables sur l’ampleur et les impacts de la pollution. 

Et j’ajouterais mes collègues qui font du plaidoyer contre le plastique,  toutes les personnes qui travaillent au sein de la coalition Break Free From Plastic, les militants d’associations notamment en Asie, en Amérique latine, parfois avec moins de moyens, moins d’écoute, et qui continuent à s’engager. Et bien sûr les bénévoles, qui donnent de leur temps, ne serait-ce que pour faire passer le message. C’est super de voir qu’on a tous cette capacité de faire passer le mot.

En 2050, ce sera comment ?

On a deux routes possibles. Soit on va droit dans le mur, et le monde au croisement des crises plastique, climat et biodiversité ne sera pas terrible, c’est le moins qu’on puisse dire, puisqu’on peut imaginer un effondrement de la société, des guerres pour l’énergie ou l’eau, qui ont déjà commencé… De l’autre côté, on a un monde où, indépendamment de ce que peuvent décider les Etats, plus ou moins ambitieux, on peut retourner au collectif, avec plein de solutions à l’échelle locale. C’est déjà le cas dans de nombreux endroits où on voit émerger de nouveaux types d’organisation, avec des jardins partagés, des compétences partagées, plus d’humain, etc. Un futur où on réapprend à se connecter à la nature, où on crée une nouvelle société. L’avenir sera ce qu’on en fera, nous sommes tous responsables des choix qu’on fait à notre niveau. J’espère qu’on fera les bons.

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Lauréat saison 1 – Le Collectif minuit 12

Nous sommes artistes, nous aimons danser mais nous nous interrogeons sur l’avenir. Plutôt que d’en faire un vecteur d’anxiété, nous avons décidé d’en faire une source de motivation – Pauline Lida

C’est l’histoire de trois danseuses et d’un collectif artistique, qui mettent leur art au service des enjeux écologiques.

L’émotion du mouvement au service de l’engagement climatique ! 

Le collectif est né en 2021, par trois danseuses talentueuses Pauline Lida, Justine Sène et Jade Verda, qui se sont rencontrées pendant leurs études, à Sciences Po.

Au moment d’entrer dans la vie professionnelle, Jade, Pauline et Justine se sont demandées quoi faire pour avoir un impact. Elles ne voulaient pas intégrer un système dans lequel elles ne croyaient pas, mais faire quelque chose d’utile pour ces prochaines années qui sont d’importance capitale. 

Ces trois jeunes femmes de 23 ans ont décidé de passer par l’art. En utilisant la danse comme vecteur de mobilisation face à l’inaction politique et à l’urgence climatique.

Danser pour éveiller les consciences

C’est l’ambition du collectif Minuit 12 qui par la danse, incite le spectateur à s’affranchir de la simple contemplation et à se mettre en mouvement.

Par le corps, on touche les gens plus intimement. Si par nos mouvements tu ressens dans ton fort intérieur que ce dont on te parle c’est ton environnement, ton futur, les espèces avec qui tu partages cette terre, c’est fort. La danse, à l’origine, c’est créer des sensations et des émotions, et si on peut les orienter vers l’écologie, c’est très puissant.
Pauline Lida – co-fondatrice @ Collectif Minuit 12

En transmettant des messages par la danse, le collectif Minuit 12 matérialise et conscientise des enjeux de transition qui peuvent parfois paraître intangibles. Les idées prennent vie, par le biais d’une recherche chorégraphique engagée.

Le collectif artistique produit donc ses propres spectacles comme :

  • Écume, dans lequel des danseurs interagissent avec des vidéos projetées. Pour explorer notre lien à l’environnement, en particulier notre rapport à l’eau 
  • RécitS qui évoque les liens intimes avec la nature et la biodiversité 
  • Magma, une série de workshops sur le thème « Art et activisme écologique ». 

Le point commun de toutes ces créations, c’est l’émotion. Comment l’art peut toucher et donc sensibiliser aux sujets brûlants du climat et de la biodiversité avec pour matière première le corps. 

Ces chorégraphies sont réalisées par un collectif pluridisciplinaire d’artistes. Principalement âgés de 19 à 30 ans, adeptes de la danse contemporaine au hip-hop en passant par le locking. Parce que pour toucher un public large et que chacun se sente représenté, il faut mobiliser différentes esthétiques. 

Avoir cette force du groupe est puissante. On a envie d’inviter d’autres artistes à nous rejoindre, notamment certains qui ne sont pas dans les codes d’une culture privilégiée. Nous avons envie de pouvoir parler aux gens, peu importe leur background. De créer un nouveau langage commun contemporain, universel et de faire ressentir les individualités de chacun·e à travers la danse.
Justine Sène – co-fondatrice @ Collectif Minuit 12

Convaincues que c’est en se rassemblant qu’on peut faire bouger les choses. Que l’écologie se ressent dans les corps, ces corps qu’on habite tous Jade, Justine et Pauline invitent les artistes à sortir des salles de spectacle et à s’engager.

Car la transition écologique doit se faire dans la forme et la pratique de la culture, mais aussi dans les récits.

Nous sommes très heureux d’avoir soutenu cette initiative dès son origine et de la voir grandir aujourd’hui.

Pour permettre à de nouveaux projets de naître, grandir et soutenir les jeunes générations, rejoignez MoHo4Young comme mécène, partenaire ou mentor. 

Aidez-nous à donner la place à ces jeunes générations d’écrire des récits d’avenir plus positifs. Ensemble, imaginons et engageons nous vers un monde plus durable, solidaire et désirable. 

Merci à La Fondation SNCF, Socaps fund, les Cahiers Oxford, Pimpant, Asuwsih, Schoolab, HEP Education, l’EPSI, Raise, La Cantine, Label Expérience et merci à makesense, Ulule, alba., Diversidays, Les Déterminés, Positive Planet, Jam, Colori, Ligue des Jeunes Talents, Gonne Girls, La Croix Rouge, Le Mémorial de Caen, Keolis, Inco, Youth Forever, Beaux Arts Consulting, Startups for Kids, Conf Kids, Live for Good, Tricote un sourire, RaiseLab, Prof en poche, Reporters d’espoirs.

Merci au soutien média de Ouest France, Sud Ouest, l’ADN, SoGood, Maddyness, France Inter, Vocation, Reporters d’Espoirs

Pour nous rejoindre et soutenir les prochains projets à impact des 8-30 ans : anna@moho.co

Article écrit par Anna Mojzesz responsable communication du MoHo et directrice du programme MoHo4Young.

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Lauréat saison 1 – Final score

Écouter la voix des jeunes générations n’est pas seulement un acte de générosité, c’est un investissement dans un avenir où l’espoir, l’innovation et l’inclusion deviennent les piliers d’une société florissante – Nelson Mandela

C’est l’histoire d’un garçon issu de quartier prioritaire des rêves plein la tête. 

Final Score est le premier long-métrage de Mehdi Saadi, qu’il a réalisé, écrit et produit, depuis 2019

Un projet ambitieux, impliquant plus de 250 personnes. Et de nombreuses institutions, dont la ville de Nanterre, la maison Daniel Fert, les lycées Joliot-Curie, Louis-le-Grand & Evariste Gallois.

Le premier objectif du film est avant tout d’illustrer que ce n’est pas parce qu’on est jeune, qu’on ne peut pas être capable d’aspirer à de grands rêves.

Un film réalisé par un jeune issu de quartier prioritaire qui montre qu’en s’unissant, le fait de venir d’horizons différents, nous apporte à tous et toutes de l’expérience, des connaissances et surtout nous apprend à vivre ensemble.

Final Score est l’histoire de l’ascension sociale de Dylan. Jeune vivant en banlieue, qui se voit offert une place au sein du prestigieux lycée Louis-le-Grand. Mais des événements étranges vont marquer  à jamais la vie de Dylan.

Travaillant depuis 3 ans sur ce long-métrage, Medhi a fait appel à MoHo4Young pour la post-production du projet.

Accorder la parole aux jeunes générations revêt une signification profonde dans la construction d’une société ancrée dans des valeurs positives et des récits sociaux édifiants. Les jeunes sont les gardiens de l’avenir, porteurs d’une énergie créative et d’une volonté de changement. 

En leur offrant la possibilité de s’exprimer, nous permettons l’émergence de messages clés et de récits qui reflètent leur vision optimiste et leur engagement envers un monde meilleur

Les jeunes générations sont souvent animées par un désir ardent de résoudre les problèmes sociaux et environnementaux. Leur voix peut inspirer des actions concrètes. 

En les encourageant à partager leurs expériences et leurs idées, nous favorisons la création d’une culture positive. Mettant en lumière des initiatives exemplaires et des succès collectifs. 

La parole des jeunes devient ainsi un catalyseur puissant pour forger une société où l’espoir, l’inclusion et la coopération sont au cœur des récits sociaux, contribuant ainsi à bâtir un avenir plus prometteur pour tous et toutes.

Aidez-nous à leur donner la parole pour qu’ils donnent à l’avenir une dynamique plus positive.

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Lauréat saison 1 – Un parcours citoyen dans les lycées

Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir, ils sont le présent. Leurs voix, leurs idées et leur énergie sont essentielles pour façonner le monde d’aujourd’hui et de demain – Malala Yousafzai

C’est l’histoire de 5 lycéens qui voulaient reprendre leur place de citoyen. 

Cité des chances est une association créée en janvier 2018 et née de l’envie de lutter en faveur de l’égalité des chances et de la volonté de partager et de s’engager à d’autres jeunes.  

Ce projet a été lancé par deux lycéens, très vite soutenus et rejoints par leurs amis. Cité des chances c’est donc 5 membres fondateurs qui se sont engagés à donner la parole aux jeunes et à leur donner les outils nécessaires pour qu’ils s’approprient les affaires publiques

Sentiment partagé par de nombreux jeunes, l’association a rapidement été rejointe par une soixantaine de bénévoles. Et compte désormais 6 antennes. 

Leur volonté : débarquer dans le maximum de département pour permettre aux jeunes les plus éloignés des affaires publiques de se sentir légitimes pour participer au débat démocratique

Ce projet a 3 objectifs 

  1. lever l’auto-censure chez les jeunes, leur faire prendre conscience qu’ils ont des idées, une voix et qu’elle doit être entendue ;
  2. leur permettre de mieux connaître l’écosystème politique et son fonctionnement ;
  3. faire en sorte que les jeunes s’engagent davantage dans la citoyenneté (vote, associations, militantisme…)

Ils ont donc lancé le projet “Un parcours citoyen” pour aider concrètement les jeunes à s’exprimer et comprendre le fonctionnement de nos institutions grâce à la pratique : 

  • atelier d’éloquence 
  • simulation parlementaire 
  • visite à l’assemblée nationale
  • débat à la cité à voté pendant les élections

Un parcours sur 3 ans pour permettre aux jeunes de s’emparer des questions publiques, de ne plus s’auto-censurer, et de s’engager.

Pour que les jeunes s’approprient le débat public et les lieux de pouvoir. 

Afin de compléter ce premier projet, l’association a également lancé le projet “Orientation”. Pour lutter contre l’auto censure et offrir un meilleur accès à l’information sur l’enseignement supérieur et montrer que l’engagement n’est pas réservé à quelques filières. 

Entourée par d’autres associations comme Article 1 ou tous élus ainsi que par Animafac, Cité des Chances a réussi à développer l’association en 3 ans. 

Malgré une motivation sans faille et un travail sans relâche, ces 5 lycéens avaient besoin de soutien financier, humain et de visibilité. 

MoHo4Young leur a donc permis de développer leurs projets au sein de l’association et de leur donner tous les pouvoirs d’agir. 

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Lauréat saison 1 – Destination finale

Le lien entre les générations est le fil d’or qui tisse la trame de notre société, reliant l’expérience du passé à l’espoir du futur – Margaret Mead

C’est l’histoire d’un projet mené par l’AFEV pour créer du lien, donner de l’espoir, se rassembler en collectif, apprendre, se réunir.

L’AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville) est une organisation française à but non lucratif fondée en 1991. Son objectif principal est de favoriser l’engagement des étudiants dans des actions solidaires et citoyennes, notamment en intervenant dans les quartiers populaires. 

Elle met en relation des étudiants volontaires avec des enfants et des adolescents issus de milieux défavorisés. Afin de les soutenir dans leur parcours éducatif et de favoriser leur épanouissement. 

Elle encourage également la participation active des jeunes bénévoles dans la vie associative. Renforçant ainsi le lien social et la solidarité au sein des quartiers. 

L’AFEV promeut ainsi une vision de l’engagement étudiant comme levier de transformation sociale, en contribuant à la lutte contre les inégalités et à la construction d’une société plus inclusive.

En 2022, L’AFEV a postulé à l’appel à projets MoHo4Young avec un tout nouveau projet nommé Destination finale.

Un court métrage participatif réunissant des habitants des quartiers prioritaires de tout âge pour un projet intergénérationnel commun.

“On part souvent du principe qu’on ne peut pas, qu’on n’y arrivera pas, qu’on ne peut pas le faire. On se met souvent des barrières. Mais ces barrières on peut les lever. Et un des moyens de les lever, c’est d’être bien accompagné. Ce projet n’aurait jamais pu voir le jour sans le soutien de MoHo4Young” déclare Pierre Jean, à l’initiative du projet. 

Ce court métrage a été diffusé de nombreuses fois dans des quartiers prioritaires normands pour réunir les habitants et les sensibiliser.

Les aînés, gardiens précieux de l’expérience, ont pu partager leurs récits, empreints de souvenirs et de sagesse et leurs savoirs. Les jeunes, porteurs d’une énergie débordante et de rêves insatiables, ont pu bénéficier des conseils éclairés des aînés. 

Ces derniers, à leur tour, ont été propulsés par la vitalité, l’optimisme et les esprits innovants des générations émergentes. 

Ensemble, ils forment une communauté unie, où le respect pour le passé s’allie à l’enthousiasme pour l’avenir.

Un exemple vivant de l’importance de connecter les générations pour bâtir un présent harmonieux et un avenir prometteur.

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Article écrit par Anna Mojzesz responsable communication du MoHo et directrice du programme MoHo4Young

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Lauréat saison 1- Velhome

La mobilité n’est pas simplement un mode de transport, c’est un mode de vie – Pico Iyer

C’est l’histoire de Paul Ravet et Octave Kleynjans, deux étudiants passionnés de vélo souhaitant favoriser la mobilité douce.

Paul cultive un réel amour pour l’objet et la mécanique, il aime s’émerveiller devant un beau vélo. Octave, lui, l’apprécie pour son aspect sportif et pratique. 

En 2021, suite à un vol de vélo à Lyon et aux enjeux environnementaux actuels, Paul et Octave se renseignent et dressent plusieurs constats

  1. le transport représente 1/3 des émissions françaises de gaz à effet de serre, devant le bâtiment, l’agriculture et l’industrie
  2. la voiture constitue l’un des principaux modes de transport au quotidien pour 72% des français
  3. plus de 3 millions de vélos seraient volés chaque année en Europe, dont entre 400 000 et 500 000 en France selon la FUB

Ces constats sont clairs, l’urgence de décarboner la mobilité nous impose de revoir nos pratiques. Les vols de vélo freinent la mobilité douce. 

Il n’est plus temps de s’indigner de la situation, mais bel et bien de passer à l’action. 

Ils décident d’agir en testant à court terme une solution collaborative. Selon eux, elle est la seule apte à restaurer la confiance des cyclistes envers leur stationnement.

Ils se questionnent : “Le moment où on se sent le plus en sécurité avec son vélo, c’est quand il est chez nous. Alors pourquoi ne pas reproduire ce sentiment de sécurité, mais chez d’autres personnes ?” 

C’est ainsi que l’idée d’offrir une “home” au vélo est née, d’où le nom : Velhome.

En 2021, Octave et Paul décident donc de créer l’association Velhome, une plateforme associative à but non lucratif qui permet aux cyclistes de garer leur vélo gratuitement et en sécurité chez des particuliers en France, Belgique et Suisse.

Cette application s’adresse à tous les cyclistes dans toutes sortes de situations :

  • Les cyclotouristes, le temps d’une visite ;
  • Les cyclistes occasionnels, pour des stationnements ponctuels en ville, le temps d’un achat, d’un rendez-vous, d’une sortie en ville… ;
  • Les cyclistes quotidiens pour des stationnements réguliers chez un voisin tous les soirs ou à proximité de son travail

Outre son engagement environnemental, il s’agit également de “créer de la discussion et du lien entre ceux qui partagent la mobilité douce qu’est le vélo” explique Paul Ravet.

Mais ils ne souhaitent pas s’arrêter là ! 

Fort du constat qu’il n’existait pas jusqu’ici de système, au niveau national, permettant aux cyclistes de voir précisément où ont lieu les vols de vélos.

Paul et Octave ont décidé de créer, en mars 2022, une carte nationale interactive des vélos volés. 

“On sait que seulement 7% des vélos volés en France sont retrouvés par leurs propriétaires. La nouvelle carte interactive Velhome a pour but d’aider les cyclistes à augmenter leurs chances de retrouver leur vélo volé. L’objectif est de créer une base de données vivante, un système de tracking beaucoup plus complet que ce qui existe aujourd’hui.” a déclaré Octave Kleynjans, co-fondateur Velhome.

La FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette) estime entre 400 000 et 500 000 le nombre de vélos volés en France, chaque année. Sachant que ces chiffres sont bien en dessous de la réalité puisque moins d’un quart des victimes ont porté plainte au commissariat ou à la gendarmerie. La grande majorité des vols ne sont donc pas déclarés.

Cette carte permettra ainsi de répertorier un plus grand nombre de vélos volés, et pas seulement ceux déclarés officiellement, et de laisser ainsi une trace de son vol. 

Les victimes de vols peuvent gratuitement rechercher un vélo volé, selon plusieurs critères tels que la zone géographique, la ville, la rue, la date du vol, la marque du vélo, sa couleur, son type, son numéro d’identification. 

Velhome a été cité parmi les « 10 meilleures applications pour mieux utiliser son vélo en ville » par Cleanrider.

Merci à La Fondation SNCF, Socaps fund, les Cahiers Oxford, Pimpant, Asuwsih, Schoolab, HEP Education, l’EPSI, Raise, La Cantine. Label Expérience et merci à makesense, Ulule, alba., Diversidays, Les Déterminés, Positive Planet, Jam, Colori, Ligue des Jeunes Talents. Gonne Girls, La Croix Rouge, Le Mémorial de Caen, Keolis, Inco, Youth Forever, Beaux Arts Consulting. Startups for Kids, Conf Kids, Live for Good, Tricote un sourire, RaiseLab, Prof en poche, Reporters d’espoirs.

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Article écrit par Anna Mojzesz responsable communication du MoHo et directrice du programme MoHo4Young.

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Lauréat saison 1, 2 & 3 – Les Gaillardes

L’art est une arme chargée de futur – André Breton

C’est l’histoire de 3 copines et d’une troupe de comédiens. 

En mai 2021, elles sont trois – Angèle, Jeanne et Ninon – à se rassembler autour de l’envie de monter un projet collectif et artistique en Charente-Maritime. En pleine crise COVID,  toutes trois venant de régions différentes, elles étaient à la recherche d’un point de départ.

C’est ici que née “Les gaillardes”. Une troupe de théâtre éco-responsable qui organise, chaque année, une itinérance à vélo, à travers la Charente-Maritime

Vélo-cyclistes au quotidien et ayant envie de s’engager dans une démarche éco-responsable, elles choisissent l’itinérance comme mode de création et de transport. Elles prennent le parti d’aller à la rencontre. Entourées des 9 artistes, d’un photographe et d’un illustrateur pour créer du lien entre les territoires, les habitant.e.s, les touristes, les programmations artistiques.  

Une fois le projet imaginé, c’est un gros début mais rien n’est fait. Il leur faut maintenant le soutien financier et humain – l’argent et les compétences – pour concrétiser un tel projet.

Les Gaillardes candidatent au premier appel à projets de MoHo4Young. 

Le verdict est tombé, 1 mois plus tard : elles sont retenues. 

MoHo4Young devient alors leur tout premier soutien et partenaire officiel. Leur permettant ainsi d’en développer d’autres pour lancer la première édition en juillet 2022. 

Résultat de la première édition : 2 communes, 2 lieux associatifs et 2 lieux non-théâtraux. Plus de 600 spectateur.ice.s et 20 cyclistes y ont participé. 6 voyages à vélo entre 26 et 37 kilomètres passant par des communes, des lieux du patrimoine, des points d’eau…

Mais le périple ne va pas s’arrêter là. 

Au vu du succès de cette première édition, elles veulent réitérer l’année prochaine et aussi les années qui suivront. 

Elles candidatent donc – de nouveau – à la seconde édition de l’appel à projets MoHo4Young. 

Nous nous interrogeons donc sur la possibilité pour les lauréats de re-candidater à nouveau. Finalement, nous actons : tous les lauréats des saisons précédentes pourront re-candidater. Chaque année, le comité de sélection (composé des mécènes, de parents et d’enfants) pourra choisir 2 lauréats que nous accompagnerons à nouveau.  

Et comme quoi ce projet a de la suite. 

Les Gaillardes sont à nouveau élus pour la saison 2 de l’appel à projet.

En août 2023, c’est une troupe de 22 personnes parcourant 277 km en 10 jours à travers le Nord de la Charente-Maritime. Plus de 800 spectateurs se sont joints à l’aventure des 9 représentations d’un procès poétique et musical, des 2 visites théâtralisées et des 8 ateliers de 3 types différents.

Lors de ce dernier festival, elles proposent une plongée dans un univers absurde et dystopique peu éloigné du nôtre. Un spectacle sous forme de procès dans lequel, les acteur.rice.s cherchent les responsables du retrait de la mer en Charente-Maritime. Vidé de son eau, le département a dans le même temps perdu son nom et est redevenu la Charente-inférieure.

Un spectacle proposant un regard artistique, dénué de morale, autour des problématiques environnementales actuelles, faisant appel à des légendes locales (Mélusine, les ganipotes…), à des personnages historiques qui ont marqué la région (Pierre Loti, Jeanne d’Arc…) ou encore à un bourreau en grève, un procureur mélomane, un greffier agent double, une tavernière danseuse et un « band américain ». 

Appelé à la barre pour témoigner, accusateur ou accusé, ces légendes charentaises renaissent de leurs cendres et mettent tout en œuvre faire revenir la mer et sa puissance poétique afin de rendre son nom et son éclat à la Charente-Maritime. Les spectateur.ices sont invité.e.s à être des témoins actif.ve.s de ce procès. 

Un très beau projet artistique se structurant autour de l’accessibilité à la culture, de l’éco-responsabilité du spectacle vivant et de la promotion d’artistes émergents.

Nous avons été le premier soutien, quand certains n’y croyaient pas. Nous continuons de les soutenir. 

De très belles initiatives comme celle des gaillardes existent mais manquent malheureusement de financement, de compétences, de réseau pour les concrétiser. Les jeunes ne demandent qu’à agir mais n’ont pas tous les pouvoirs. Sans ces clés indispensables, ils ne pourront pas y arriver ! 

Aidez- nous à leur donner la main et le crayon pour qu’ils dessinent l’avenir en lui donnant une dynamique positive. 

Merci à La Fondation SNCF, Socaps fund, les Cahiers Oxford, Pimpant. Asuwsih, Schoolab, HEP Education, l’EPSI, Raise, La Cantine, Label Expérience et merci à makesense, Ulule, alba., Diversidays, Les Déterminés, Positive Planet, Jam, Colori, Ligue des Jeunes Talents. Gonne Girls, La Croix Rouge, Le Mémorial de Caen, Keolis, Inco, Youth Forever, Beaux Arts Consulting, Startups for Kids. Conf Kids, Live for Good, Tricote un sourire, RaiseLab, Prof en poche, Reporters d’espoirs.

Merci au soutien média de Ouest France, Sud Ouest, l’ADN, SoGood, Maddyness, France Inter, Vocation, Reporters d’Espoirs

Pour nous rejoindre et soutenir les prochains projets à impact des 8-30 ans : anna@moho.co

Article écrit par Anna Mojzesz responsable communication du MoHo, et directrice du programme MoHo4Young.

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Lauréat saison 1 & 2 – Cap au nord 

À chaque pas, un peu de moi se mêle à la Terre. À chaque pas, la Terre me donne un peu d’elle. Aucun pas n’est vain, tout a un sens – Sarah Marquis

Une reconnexion entre l’école et la nature.

C’est l’histoire de jeunes ambassadeurs du climat âgés de 10 à 15 ans.

Ce projet, c’est avant tout une grande aventure humaine et scientifique visant à sensibiliser au dérèglement climatique qui s’inscrit dans le service d’un groupe d’acteurs : enseignants, acteurs sociaux, voyageurs et chercheurs. 

L’idée du projet est partie d’une prise de conscience que quelque chose se joue et qu’il faut enquêter sur le terrain et se faire sa propre idée. Avec comme mission la découverte de sa vraie nature, au sein de la nature.

Parrainé par l’aventurier Nicolas Vanier et Yann Arthus-Bertrand, ce projet ambitionne d’écouter ce que la terre et les enfants nous réclament pour l’avenir du genre humain.

Le projet Cap au Nord a été fondé par Philippe Nicolas, enseignant chercheur en sciences d’éducation à l’environnement. C’est un projet pédagogique à l’échelle nationale placé sous le haut patronage du ministère de la Transition écologique.

C’est en vue d’une expédition polaire en Islande pour constater sur le terrain des conséquences du réchauffement climatique que 15 ambassadeurs de 10 à 15 ans ont postulé au premier appel à projets MoHo4Young. 

En semi-autonomie et encadrés par une équipe de professionnels enseignants, chercheurs et explorateurs, ces jeunes ambassadeurs, répartis en différents pôles, ont pour objectif de récolter des données scientifiques autour de 4 thématiques :

  • La volcanologie
  • L’océanographie
  • La biologie marine
  • La glaciologie 

Ces données, pour certaines inédites, ont été présentées à l’ONU par les ambassadeurs et sont aujourd’hui exploitées par des scientifiques français.

Je pratique la voile à l’année et je suis ravie d’étudier l’incidence du réchauffement climatique sur les océans.
Elisa Delahaye-Franberg – spécialiste de l’océanographie @ 14 ans

MoHo4Young a été un des premiers soutiens du projet. Et a permis à Cap au nord de se doter d’un drone équipé d’une caméra thermique afin de faire des relevés photographiques et des images.

En effet, la volcanologie est un domaine qui ne peut pas être étudié sur le volcan. Car il est en éruption en Islande. 

Ainsi qu’une caméra GOPRO, pour les sorties en Kayak de mer afin de photographier les baleines. (car les baleines sont cataloguées grâce aux nageoires caudales). 

En vue d’une prochaine expédition scientifique de 12 jours au Groenland en 2024, Cap au Nord a postulé à la saison 2 de l’appel à projets MoHo4Young. Et a ainsi été élu de nouveau par le jury. 


Le nom Groenland, qui signifie littéralement « Pays vert », est ici l’occasion d’encourager un réveil des consciences pour l’avenir du monde. 

En abordant la fonte programmée des glaces de l’arctique et de l’antarctique, cette nouvelle expédition prendra la forme de deux volets distincts et complémentaires. 

Le premier anthropologique, apprendre ce que c’est d’être homme à la lumière de la culture des Peuples des glaces. Le second plus rationnellement scientifique avec la transmission et l’appropriation de la démarche expérimentale en vue des observations polaires conduites au Groenland. 

En convoquant la notion de service à tous les degrés de cette aventure, service des enfants, service des acteurs sociaux, service de l’école, service de la planète, Cap au Nord donne à vivre et à ressentir une autre façon de se relier au vivant. Et de prendre conscience de sa capacité d’action.

Vous pouvez nous aider à rendre service à tous ces projets en rejoignant MoHo4Young comme mécène, partenaire ou mentor. 

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Article écrit par Anna Mojzesz responsable communication du MoHo et directrice du programme MoH4Young.

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Lauréat saison 1 – À l’école : nos déchets, nos ressources

Le seul endroit où vos rêves sont impossibles c’est dans votre tête – Robert Schuller

C’est l’histoire d’une sœur et de son frère, Ninon et Paul âgés de 12 et 10 ans. 

Ils sont de loin les plus jeunes à avoir candidaté à l’appel à projets MoHo4Young. 

Nous les prenons très souvent pour exemple, parce que :   

  • Petit 1, on nous questionne souvent sur la tranche d’âge de notre appel à projet (8-30 ans). “Mais à 8 ans on porte déjà des projets engagés ?”. Non seulement, ils sont légitimes, mais ils en sont tout à fait capables. Cet article en est un bel exemple ! 
  • De 2 parce que c’était, de fait, le projet le moins mature. Ils n’avaient pas créé d’asso. Ils étaient tout juste à l’idéation du projet. Ils avaient présenté un croquis au jury. Et pourtant, si vous saviez tout ce qu’ils ont accompli depuis…
  • Enfin parce que quand on prend connaissance de leur projet et de leur niveau de maturité, on se demande ce qu’on faisait à leur âge. Et on prend définitivement conscience que la jeune génération est plus que prête à en découdre. 

Ninon et Paul sont partis d’un constat BASIQUE/SIMPLE : à la cantine scolaire chaque midi, on gaspille (beaucoup).

Pourtant, même en France, tout le monde ne mange pas à sa faim. Ce constat les a énormément touchés et attristés. Ils avaient l’impression d’être les acteurs et actrices d’un scénario auxquels ils n’avaient absolument pas envie de participer. 

Accompagnés de leurs parents et de leurs camarades de classe, ils ont réfléchi aux solutions, aux pistes d’amélioration pour leurs établissements scolaires afin de pallier ce problème. 

Ils ont trouvé ! 

Ils vont créer une application mobile pour recenser le nombre de jeunes qui déjeuneront à la cantine le midi, leur faire voter les repas. Ça diminuera les quantités d’aliments gaspillés. 

Ce n’est pas tout ! Avec les aliments non consommés, ils les apporteront aux sans-abris

Mais ce n’est pas tout ! Les déchets alimentaires, ils les revaloriseront en croquette pour leurs animaux

Et ce n’est pas fini ! Ils ont créé un poulailler éducatif au sein de l’école pour se reconnecter au vivant. 

Et pour finir ! Ils ont créé un club de sensibilisation pour éduquer les petites sections. 

Cette fois-ci c’est tout (en tout cas pour le moment). 

Croyez-le ou non, en seulement 1 an, ils sont passés d’une idée et d’un simple croquis, à la réalisation de tous ces projets. 

Je ne vais pas vous le cacher, j’ai versé ma petite larme à plusieurs de leurs étapes, de leurs succès que ce soit en les voyant pitcher sur scène devant 300 personnes avec l’aisance de véritables entrepreneurs, à la lecture de quelques uns de leurs mails accompagnés de photos ou encore lors de leur venue au MoHo avec en main leur affiche renvoyant vers le QR code de l’application active. 

Bien évidemment, ils sont passés par de nombreuses émotions. L’anxiété en se rendant compte des nombreux enjeux planétaires auxquels nous faisons face. Le doute de ne pas être légitime, de ne pas être à la hauteur. La peur de ne pas y arriver. La déception de voir de nombreux acteurs et personnes ne pas croire en eux. 

MoHo4Young a été créé pour donner à la jeune génération les pouvoirs d’agir, à n’importe quel âge, sur n’importe quel sujet à impact et à n’importe quel niveau de maturité.

Nous avons cru en eux et nous continuerons de le faire. 

Puisque la jeune génération, elle, n’arrêtera jamais de se battre, et ce à n’importe quel prix ! 

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Merci au soutien média de Ouest France, Sud Ouest, l’ADN, SoGood, Maddyness, France Inter, Vocation, Reporters d’Espoirs

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Article écrit par Anna Mojzesz responsable communication du MoHo et directrice du programme MoHo4young.

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Interview – lobbyiste des algues Vincent Doumeizel

Dans le cadre de notre initiative « Deplastify The Planet », MoHo vous propose de découvrir le portrait des 100 personnes clés qui comptent dans la lutte contre la pollution plastique. Chercheur, lobbyiste, activiste, entrepreneur, journaliste, politique, nous vous proposons de les rencontrer et de lire leur vision du sujet et des solutions pour éradiquer la pollution plastique. #DeplastifyThePlanet

Tu fais quoi dans la vie ?

Je suis conseiller aux océans pour le Pacte mondial des Nations-Unies. Dans ce programme de l’ONU, je m’occupe plus spécifiquement des algues qui sont perçues comme une vraie alternative au plastique. Je dirige aussi la première coalition mondiale des acteurs des algues, qui regroupe plus de 1000 acteurs du secteur, la Global Seaweed Coalition.

Sommes-nous des malades du plastique ?

Je viens de l’agroalimentaire et j’ai commencé ma carrière en Afrique où j’ai été confronté à la faim dans le monde. Alors je pense que oui, nous sommes des malades du plastique, mais quelque part, il faut aussi reconnaître au plastique certaines qualités, notamment celle d’assurer la sécurité alimentaire. Il y a 50 ans, 50% de la population mondiale mourrait de faim. Aujourd’hui, nous en sommes à 9% alors que la population est passée de 5 milliards à 7,5 milliards. Ca s’est évidemment beaucoup trop fait sur le dos de l’environnement et il faut corriger la trajectoire, mais le plastique a été un des contributeurs de cette avancée. Et il y a maintenant un choix à faire.

Dans l’agroalimentaire, le débat n’est pas d’utiliser du plastique ou quelque chose de plus cher, mais vraiment de trouver une matière qui permette de préserver la nourriture et d’éviter un gaspillage alimentaire encore plus important. Le problème est que si on enlève le plastique, on va avoir des produits qui pourrissent plus vite. Or, nous avons tous les jours 250 000 personnes en plus à nourrir. Dans les 50 ans à venir, nous allons devoir produire autant de nourriture que ce qu’on produit depuis depuis 10 000 ans, ce qui sur Terre est absolument impossible. Donc si en plus on laisse la nourriture se gâcher, ça va être compliqué. Alors, oui, nous sommes des malades du plastique, mais sur l’aspect que je connais, l’emballage alimentaire, c’est vraiment un sujet compliqué parce que la question est :

Est-ce qu’on décide de laisser mourir des milliards de personnes pour protéger notre environnement, ou est-ce qu’on décide de nourrir le monde en détruisant l’environnement ? C’est pour ça que je me suis retourné vers une solution alternative, celle des algues qui permet de concilier ces deux impératifs. 

3 chiffres à avoir en tête ? 

Le taux de recyclage du plastique dans le monde est de 9%. Mais il faut admettre que c’est surtout une solution pour les pays riches qui concerne peu de gens aujourd’hui. Il faut des infrastructures, une organisation, des fonds à long terme que les pays émergents n’ont pas. Or, la production de plastique est aujourd’hui essentiellement dans les pays émergents. C’est pour ça que ce chiffre est important : 9% de recyclage. Ce n’est pas simplement parce que les poubelles jaunes sont mal utilisées. Mais parce qu’une partie de la population a les moyens de recycler et l’autre non

Je citerais aussi les 750 millions de tonnes de plastique qu’on retrouvera dans les océans en 2050, ce qui représente un camion de 33 tonnes de déchets qui se vide dans l’océan toutes les minutes

Et pour finir sur un chiffre plus optimiste : 0,03% des laminaires déjà existantes sur Terre – un type d’algues brunes – pourrait remplacer tout le plastique que nous produisons

Qu’est-ce qui ferait vraiment bouger les lignes ?

Trouver une solution naturelle et miser sur le vivant, avec des matières qui vont au-delà du biodégradable ou du compostable. Car le plastique, à l’origine, ce sont des algues qui ont sédimenté pendant des millions d’années pour former du pétrole. L’idée est donc d’extraire les polymères d’un matériel vivant qui permet à la chose de se régénérer, d’être naturel et même comestible. Plutôt que du même matériau, mais mort. 

C’est ce que fait Notpla en Angleterre. Qui a eu l’an dernier le EarthShot Prize, une sorte d’équivalent du Nobel de l’Environnement remis par le Prince William. Ils ont fourni 40 000 bulles de plastique au marathon de Londres pour supprimer tous les gobelets. Ils travaillent aujourd’hui avec Décathlon, Just Eat, etc. Pour remplacer un certain nombre de produits à base de plastique avec encore une fois quelque chose qui est purement de l’algue.

La finalité est de supprimer le packaging, puisqu’on peut le manger.

C’est très fin et ça n’a aucun goût, et ça peut remplacer les sachets de thé, les petites bouteilles dans les hôtels, etc. 

Aujourd’hui cela a un coût encore trop élevé, il y a des économies d’échelle à faire, mais tout ceci est récent, nous n’avons que 8 ans d’expérience sur le sujet. Finalement, ça avance très vite et 35 start-up  travaillent aujourd’hui sur des solutions à base d’algues pour remplacer le plastique.

Un dernier exemple : aux Etats-Unis, un énorme challenge a été organisé pour identifier des solutions capables de remplacer le plastique. 8 des 10 solutions retenues sont à base d’algues. En plus, on parle vraiment de quelque chose qui est un déchet : on ne va pas prendre des algues qui pourraient nourrir le monde ou réparer les océans, car elles servent aussi à cela. Mais là, une fois qu’on en a extrait les protéines ou les différents composés d’intérêt pour la cosmétique par exemple, il reste une pâte de polymère qui peut faire de très beaux plastiques. Ça peut même être utilisé pour les cartons car ceux qu’on utilise dans l’alimentaire contiennent du plastique, sinon ils absorberaient les liquides. Pas les algues.

Vous pouvez faire des sacs, des gobelets, du packaging, avec les algues qui pourrissent sur nos plages. 

Comment agis-tu dans ta vie au quotidien ? 

Je mange des tonnes d’algues (rires). En tout cas, beaucoup, à chaque conférence que je donne : je montre une bulle d’eau, que je mange, les gens se disent “oh la vache, mais on dirait vraiment du plastique”, et ça a un impact. Pour le reste, je fais comme tout le monde, je prends mes sacs, mes gourdes, ces gestes qui deviennent quotidiens dans les pays développés et qui sont nécessaires. 

Le premier objet du quotidien en plastique dont on peut se débarrasser ? 

Les bouteilles. D’ailleurs, si je pouvais ajouter un chiffre, je dirais : x 10. Le prix réel du plastique est 10 fois supérieur à ce qu’il est dans le commerce. Le public se dit que ce n’est pas cher, mais c’est faux, il est cher parce qu’on va dépenser des fortunes pour nettoyer les océans, des fortunes en destruction d’une biodiversité qui normalement devrait absorber d’immenses quantités de carbone. Tout cela n’est jamais compté, on ne considère pas le coût écologique induit par le plastique. Donc quand on dit que la bouteille en verre est plus chère, moins écolo car plus lourde donc nécessitant plus de transport, etc., c’est faux : le coût écologique du plastique est très largement supérieur si on considère le coût pour la biodiversité et le climat. 

Un peu d’espoir ?

Je pense que le monde va de mieux en mieux, et beaucoup de choses me donnent de l’espoir. Voir tous les problèmes colossaux qu’on a réglés par exemple. 80% de la population ne mangeait pas à sa faim pendant des siècles. Nous sommes aujourd’hui à 9%, sans parler des grandes maladies qu’on a réussi à éradiquer en s’alliant tous ensemble, dans des conditions héroïques pourrait-on dire. On l’oublie trop souvent, même si dire que le monde va mieux, ça n’est pas dire qu’il va bien.

Donc sur le sujet du plastique, j’ai de l’espoir avec les solutions à base d’algue, qui nécessitent encore beaucoup d’investissements. Mais qui nous laissent penser que la réponse est là. Et on pourrait aussi parler des champignons, d’autres ressources qui pourraient apporter des solutions aux problèmes que nous rencontrons. 

Un message pour les décideurs ?

La première fois dans l’histoire où on a utilisé les algues de manière industrielle, c’était en 1910, en Californie, pour faire de la poudre à canon. Ça a permis aux Américains, aux Français et aux Anglais de gagner la Première Guerre mondiale. Des centaines de millions ont été investis pour trouver ce processus, le développer, le rendre rentable, parce qu’on était dans un effort de guerre. Aujourd’hui, il faut fournir le même effort, peut-être même encore plus grand. Donc il faut investir dans la recherche, dans l’éducation des enfants par rapport à ce qui est lié à l’océan, et développer des solutions sur des ressources naturelles. 

Et pour la jeunesse ? 

Intéressez-vous à l’océan. 80% de la biodiversité et de la diversité génétique se trouve dans l’océan, qu’on connaît moins bien que la surface de la Lune ! Nous avons aujourd’hui 550 chercheurs à l’INRA qui travaillent sur deux types de blé similaires, qu’on connaît très bien puisqu’on les utilise depuis 12 000 ans. Dans le même temps, la France, deuxième plus grand pays maritime au monde, emploie 70 chercheurs qui travaillent sur 12 000 types d’algues. C’est la plus grande ressource inexplorée au monde. Elle est là, source de vie sur terre et elle a construit tout le reste, le pétrole ainsi que ce que nous sommes. Les algues et l’océan en général ont dessiné la vie sur Terre et je crois qu’elles vont dessiner son avenir. C’est ce que je ne cesse de répéter quand je vais dans les collèges et les lycées. Si on se demande comment donner du sens à notre vie, sauver la planète, c’est pas mal. Donc intéressez-vous, devenez biologiste marin pourquoi pas, et observez ce qu’il se passe dans l’océan. 

Une info surprenante à nous partager ?

Les algues sont la source de la vie. Elles ont permis à notre cerveau de devenir ce qu’il est aujourd’hui. C’est aussi grâce à elles que nous sommes des Sapiens. Elles sont utilisées depuis toujours par des populations comme les Aborigènes ou les Maoris comme des sacs. Les packagings d’algues n’ont rien de récent. Donc au-delà de remplacer les plastiques, elles peuvent nourrir le monde, les animaux, remplacer les fertilisants, les cotons, absorber beaucoup de carbone, et offrir des sources de revenus aux populations côtières qui, quoi qu’il arrive, verront disparaître celles de la pêche. 

Comment je peux en savoir plus ?

Évidemment, je citerais La révolution des algues (éd. des Equateurs), et en poche chez J’ai Lu. Le plastique est évidemment traité en long, en large et en travers dans un des chapitres. 

Je conseille aussi le site de l’entreprise Notpla qui est très engagée. Ils ont beaucoup d’avance mais beaucoup d’autres sociétés travaillent sur des solutions à base d’algues : Eranova, Flexsea, Sway, Loliware, etc. Il y a aussi des travaux très intéressants à propos de ce qu’il se passe au niveau des champignons. Le mycélium est une autre vraie autre solution basée sur la nature. 

Ton panthéon des personnalités incontournables du plastique ?

Je citerais le fondateur de Notpla, Pierre Pasquier, qui est vraiment très visionnaire. Ainsi que Paul Stamets, le gourou des champignons qui propose des idées malheureusement pas assez entendues. Enfin, quelqu’un que j’ai rencontré en Indonésie, l’ancien plongeur Roman Peter qui dirige l’ONG Trash Hero. Il récupère des fonds en Suisse afin de mobiliser des milliers de personnes en Indonésie pour collecter les déchets sur les plages. Les héros, ce sont ceux qui sont en première ligne, sur le terrain.

En 2050, ce sera comment ?

Nous sommes en train de nourrir la prochaine génération avec uniquement des peurs et des angoisses alors que notre rôle est plutôt de leur fournir des solutions et des espoirs. Donc soyons optimistes. Nous allons comprendre qu’on a passé les 50 dernières années à baser notre société sur une matière morte, le plastique, les carburants, etc. Et qu’il est temps d’apprendre à discuter de la société sur une matière vivante,  régénérative et réparatrice. D’ailleurs mon livre termine sur une utopie en 2050, dans un monde où les algues serviront à nourrir les hommes. Et je pense qu’on a une jeunesse bien plus consciente que ma génération. Je suis surpris de voir comme je me heurte à une incompréhension dans les couloirs de l’ONU. Alors que la jeunesse à cette compréhension des choses, cette adaptabilité, cette créativité. Je pense en effet qu’il va falloir leur faire confiance au lieu de briser tous leurs espoirs avec une addiction aux mauvaises nouvelles. 

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